Diplomatie

Libye : pas encore mis en place, le gouvernement d’union a déjà du plomb dans l’aile

Un soldat libyen à Al Ajaylat, à 120 kilomètres de Tripoli, en février 2015. © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Martin Kobler, l'émissaire de l'ONU pour la Libye a indiqué dimanche 20 décembre que des contacts avaient été établis à Tripoli avec des responsables de la sécurité, notamment des milices, en vue d'installer le gouvernement d'union nationale dans la capitale.

« La question est maintenant de savoir comment faire pour installer le gouvernement à Tripoli », a dit Martin Kobler lors d’un entretien téléphonique exclusif avec l’AFP, quelques jours après la signature sous l’égide de l’ONU d’un accord interlibyen prévoyant la mise en place d’un gouvernement d’union.

« Nous espérons parvenir à un accord avec tout le monde – l’armée, la police mais également les milices – pour que le gouvernement puisse revenir à Tripoli », a encore précisé Martin Kobler, qui a pris ses fonctions à la tête de Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) en novembre dernier.

Rejet de l’accord par les deux Parlements 

Des hommes politiques, des représentants de la société civile libyenne et des membres des deux Parlements ont signé jeudi au Maroc un accord parrainé par l’ONU qui prévoit notamment la mise en place d’un gouvernement d’union nationale à Tripoli.

Mais les présidents des deux Parlements, Nouri Abou Sahmein à Tripoli et Aguila Saleh à Tobrouk (est), se sont opposés au texte, affirmant que les signataires de l’accord ne représentaient aucune des deux assemblées.

Deux accords rivaux 

Ils sont en revanche en faveur d’un accord interlibyen, alternatif à celui de l’ONU, signé à Tunis stipulant également la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Sur le plan militaire, aucune des milices, dont Fajr Libya, n’a pris position en faveur du nouveau gouvernement parrainé par l’ONU. Interrogé sur le sujet, Martin Kobler a répété que les portes restaient « grandes ouvertes », et qu’il y avait des « signes encourageants » et « de plus en plus de soutien en faveur de l’accord ».

La menace terroriste mise en avant 

Pour justifier la nécessité d’un maximum de soutiens, l’émissaire onusien a mis en avant la menace du groupe jihadiste État islamique (EI). « Tout le monde craint l’expansion de l’EI. Pas seulement son expansion vers Ras Lanouf ou Ajdabiya [à l’est du pays, nldr], mais également vers le sud », a-t-il dit.

« Ce sont les Libyens qui doivent combattre l’EI (…) et c’est pourquoi il est important d’avoir un gouvernement en place », a-t-il répété, encourageant toutes les parties libyennes à « adhérer à l’accord politique afin d’endiguer (…) l’influence » de l’EI.

« Le Conseil de sécurité votera la semaine prochaine une résolution reconnaissant le gouvernement (…) comme étant la seule autorité légitime », a-t-il encore dit.

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