Économie

Affaire Tanoh : l’appel londonien d’Ecobank a été rejeté

La banque panafricaine souhaitait que Thierry Tanoh continue à être empêché de faire exécuter les condamnations prononcées en sa faveur par les tribunaux d’Abidjan et de Lomé. L’ancien dirigeant d’Ecobank a selon nos informations recommencé la saisie des biens du groupe en Côte d’Ivoire.

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Mis à jour le 18 décembre 2015 à 15:24

Le siège d’Ecobank à Lomé, au Togo. © Michel Aveline pour JA

Le 17 décembre, la Cour d’appel de Londres a rejeté l’appel interjeté par Ecobank suite à une décision du 3 juillet dernier annulant le maintien de l’injonction intérimaire empêchant Thierry Tanoh de faire exécuter les décisions de deux cours ivoirienne et togolaise condamnant le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated à lui verser près de 20 millions d’euros.

Après une brillante carrière à la Société financière internationale (IFC, Groupe Banque mondiale), Thierry Tanoh avait rejoint Ecobank et remplacé fin 2012 son dirigeant historique, Arnold Ekpe. L’année 2013 avait été marquée par une longue (et médiatisée) crise de gouvernance et l’éjection de l’Ivoirien de son poste de directeur général en mars 2014.

20 millions

Engageant aussitôt des procédures judiciaires, Thierry Tanoh a obtenu depuis la condamnation de son ex-employeur (conjointement avec son actionnaire sud-africain PIC et Daniel Matjila) à lui verser 7,5 milliards de F CFA (11,4 millions d’euros) pour « diffamation, atteinte à la réputation, à la crédibilité et à l’honneur » devant le tribunal de commerce d’Abidjan en janvier 2015. Le mois suivant, le tribunal du travail de Lomé (siège d’Ecobank) a condamné le groupe panafricain à lui verser 5,77 milliards de F CFA (8,7 millions d’euros) pour licenciement abusif.

Fin 2014, s’appuyant sur une clause du contrat de travail de Thierry Tanoh, la banque panafricaine a entamé une procédure d’arbitrage internationale, qui est selon nos informations toujours en cours. Parallèlement, elle a obtenu le 17 avril devant la justice britannique une injonction intérimaire suspendant l’exécution des condamnations ivoiriennes et togolaises.

Cette décision n’a pas été renouvelée le 3 juillet.

Saisie

Hier, la Cour d’appel a confirmé ce non renouvellement.

Les juges ont notamment estimé qu’Ecobank avait trop tardé à porter l’affaire à Londres (participant entre temps aux procédures ivoiriennes et togolaises) pour pouvoir réclamer par la suite une injonction suspendant l’exécution des décisions prises devant les tribunaux locaux.

Selon les informations recueillies par JA, les avocats de Thierry Tanoh, sitôt connue la décision du 17 décembre, ont relancé la procédure de saisie des biens de la banque panafricaine en Côte d’Ivoire. Pour récupérer son dû, les représentants de l’actuel secrétaire général adjoint à la Présidence ivoirienne ciblent notamment la Société ivoirienne de raffinage (SIR) qui doit des sommes importantes à Ecobank Côte d’Ivoire : 60 milliards de F CFA en crédits court-terme, 72,18 millions de dollars et 37,27 millions d’euros en garanties bancaires (lettres de crédit).

Joint par JA avant la publication de cet article, le groupe Ecobank a demandé un peu de temps avant de réagir officiellement.