Économie

Grande distribution : les groupes français déploient leur réseau en Afrique subsaharienne

Pour trouver de nouveaux débouchés et profiter ainsi de l’émergence de la classe moyenne africaine, les acteurs français de la distribution ont ouvert cette année plusieurs magasins au sud du Sahara francophone. Décryptage.

Mis à jour le 17 décembre 2015 à 19:53

Vue de l’entrée du premier centre commercial PlaYce de CFAO à Marcory, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan. © CFAO

Carrefour, numéro deux mondial de la distribution, inaugurera à Abidjan le 18 décembre (et ouvrira le lendemain) son premier magasin au sud du Sahara, en attendant d’ouvrir début 2016 au Kenya. Pour sa part, Auchan a jeté son dévolu sur Dakar en juin (et sur la Mauritanie en franchie) et ambitionne de se déployer dans d’autres pays comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou encore le Gabon. Casino est quant à lui présent de longue date dans 5 pays d’Afrique de l’Ouest, via la franchise accordée au groupe Mercure International, mais aussi dans l’Océan Indien avec ses filiale Vindémia. Système U, présent depuis plusieurs années au Bénin, s’est quand à lui implanté (avec Mercure International également) au premier semestre 2015 au Cameroun (avec son enseigne Super U). Leader Price a une présence dans plusieurs pays.

Hors du secteur de la distribution alimentaire, la Fnac, le groupe français de distribution de biens culturels, de loisirs et de produits techniques, a ouvert une franchise dans la capitale ivoirienne le mois dernier et envisage des implantations au Sénégal et au Cameroun. Ces quelques exemples témoignent de l’accélération des groupes français de distribution au sud du Sahara.

« La distribution moderne s’accélère en Afrique subsaharienne, notamment avec la tendance de fond liée au développement d’une classe moyenne et l’ouverture de nouveaux espaces commerciaux. Cela créée un appel d’air pour les enseignes internationales, ce qui intéresse particulièrement les groupes français en quête d’opportunités », décrypte Julien Garcier, directeur général du cabinet d’études Sagaci Research, spécialisé dans la distribution sur le continent africain.

Des partenariats locaux pour diluer les risques

Pour leur implantation dans la région, les groupes de distribution tissent généralement des partenariats avec des acteurs locaux. Ces derniers ont en effet une meilleure connaissance des habitudes de consommation domestique, tout en maîtrisant davantage les chaînes d’approvisionnement et les démarches administratives. Ainsi, Carrefour arrive en Côte d’Ivoire dans le cadre d’un partenariat avec le groupe CFAO, fin connaisseur du pays et du continent sur lequel il opère depuis plus d’un siècle.

Si Auchan a décidé finalement de se lancer seul au Sénégal, c’est après avoir tenté à deux reprises de le faire, sans succès, d’abord avec le marocain Marjane (dont il était à l’époque actionnaire) puis avec le Franco-Sénégalais Nabil Houdrouge. En matière de fournisseurs, le groupe français, contrôlé par la famille Mulliez, reste déterminé à tisser de solides partenariats avec des entreprises de production locales (riz, légumes, lait, volaille…), comme l’a fait Carrefour en Côte d’Ivoire et Casino dans ses pays d’implantations.

L’offensive française n’en est encore qu’à ses prémices dans la distribution en Afrique subsaharienne et la bataille ne fait que commencer. D’autant plus que « les investisseurs étrangers montrent beaucoup d’appétit pour racheter des groupes locaux », conclut Julien Garcier.

 

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