Justice

Côte d’Ivoire : le procès de l’assassinat de Robert Gueï renvoyé au 21 janvier

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 20 janvier 2016 à 16h58
Robert Gueï, ex-chef de la junte en Côte d'ivoire, le 24 octobre 2000.

Robert Gueï, ex-chef de la junte en Côte d'ivoire, le 24 octobre 2000. © Issouf Sanogo / AFP

Le procès des assassins présumés du général Robert Gueï, tué en 2012, a été renvoyé jeudi au 21 janvier, en raison d’un problème de procédure.

« Trois des 22 inculpés étaient absents et il manquait des pièces relatives à leur convocation pour pouvoir poursuivre l’audience », a souligné le président qui a décidé de renvoyer l’affaire.  Seuls dix-neuf personnes dont le général Dogbo Blé, ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo, ancien responsable de la sécurité de Simone Gbagbo, étaient donc dans le box des accusés du tribunal militaire à Abidjan pour être jugés pour assassinat et complicité d’assassinat.

Âgé de 61 ans, Robert Gueï avait été assassiné de six balles le 19 septembre 2002, jour d’un coup d’État manqué contre Laurent Gbagbo, qui avait entraîné la prise de contrôle du nord et de l’ouest du pays par la rébellion. Son épouse, des membres de sa famille et de sa garde rapprochée avaient aussi été tués le même jour.

Robert Gueï avait été accusé par le pouvoir de Laurent Gbagbo d’être derrière ces troubles. Les partisans de Gueï attribuaient, en retour, au régime la mort de leur chef, ce que le camp Gbagbo a toujours récusé.

Affi en témoin

Parmi les principaux suspects figurent le commandant Anselme Séka Yapo, dit Séka Séka, ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, et le général Dogbo Blé, ex-commandant de la Garde républicaine. Anselme Séka Yapo, ex-commandant de gendarmerie, a été condamné le 4 août dernier à 20 ans de prison pour assassinat durant la crise post-électorale de 2010-2011.

Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo a été condamné en octobre 2012 à 15 ans de prison pour complicité dans l’assassinat d’un officier à la retraite et en mars 2015 à 20 ans de prison pour son rôle durant la crise postélectorale. Pascal Affi N’Guessan et Moïse Lida Kouassi, respectivement Premier ministre et ministre de la Défense au moment des faits, font partie des témoins de ce procès.

« Laurent Gbagbo devrait là être dans le box »

Le commissaire du gouvernement (le procureur militaire), Ange Kessi, a cependant essuyé les critiques de la défense, qui a dénoncé  son amateurisme. « Ce renvoi est injustifiable », a estimé Me Rodrigue Djadjé. « L’instruction a été bâclée et a été faite uniquement à charge », a renchéri son confrère Mathurin Dirabou.

« Dire que la justice n’est pas à la hauteur, c’est leur moyen de défense (…) Ces personnes sont de purs criminels (…) Ils ont fait ça sur instruction. Ils ont reçu des instructions de leur hiérarchie ( …) L’assassinat du général a été planifié au plus haut de l’État de Côte d’Ivoire », a rétorqué Me Paul Oumar Singo Tia, avocat de la famille Gueï. Et de conclure : « Laurent Gbagbo manque, il devrait être là dans le box ».

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