Politique

Niger : ce que l’on sait des interrogatoires en cours au sein de l’armée

Mis à jour le 17 décembre 2015 à 16:32

Des soldats de l’armée nigérienne, le 7 mars 2015. (Image d’illustration) © Jerome Delay/AP/SIPA

Plusieurs officiers de l’armée nigérienne étaient entendus dans les locaux de la gendarmerie à Niamey jeudi. Selon nos informations, les autorités chercheraient à éclaircir les circonstances de plusieurs déplacements d’armes et d’officiers non-autorisés par la hiérarchie. Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle.

Plusieurs officiers de l’armée nigérienne, – selon les sources, les chiffres varient de cinq à sept – ont été amenés pour interrogatoire à la gendarmerie de Niamey. Parmi eux figureraient notamment, selon la presse nigérienne, le général Salou Souleymane, ancien chef d’état-major de l’armée sous la transition de Salou Djibo, et inspecteur général des armées chargé, entre autres tâches, d’y faire respecter la discipline.

Selon une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique, les interrogatoires porteraient sur des déplacements d’officiers et d’armes, non-autorisés par la hiérarchie militaire. Les autorités tenteraient d’en éclaircir les motivations et de déterminer si ces déplacements entraient dans le cadre d’une tentative de coup d’État ou s’il s’agissait de simples manquements à la discipline.

« Pour l’heure, cela relève de la discipline militaire », indique une source proche de la présidence. « Mais cela peut évoluer en fonction de ce que les enquêteurs rassembleront comme éléments », ajoute-t-elle.

Allocution à venir du président

Aucune réaction officielle n’a pour le moment été formulée, ni par le ministre de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou, ni par le porte-parole du gouvernement, le ministre de la Justice, Marou Amadou, contactés par Jeune Afrique. Selon un proche de la présidence, les membres du gouvernement laissent au président de la République le soin de s’exprimer sur la question.

Alors que les rumeurs vont bon train au sujet d’une tentative de putsch avortée, le chef de l’État, Mahamadou Issoufou, a en effet prévu, selon cette source, d’apporter des précisions dans la soirée, lors d’une allocution télévisée déjà programmée à l’occasion de la fête nationale qui a lieu le lendemain.