Économie

Les start-up africaines à l’honneur des premiers African Rethink Awards

Onelamp, lampe solaire proposée en Ouganda et primée lors de la première édition des African Rethink Awards organisés à Paris en marge de la 21e conférence internationale sur le climat.

Onelamp, lampe solaire proposée en Ouganda et primée lors de la première édition des African Rethink Awards organisés à Paris en marge de la 21e conférence internationale sur le climat. © Onelamp/Facebook

Les African Rethink Awards (ARA) visent à mettre en valeur les start-up innovantes dans les domaines économique, social, ou environnemental, avec une activité centrée sur l’Afrique. Revue des lauréats de la première édition qui s’est achevée à Paris le 11 décembre.

480 start-up avaient répondu à l’appel à projets lancé par le think-tank parisien les Ateliers de la Terre en partenariat avec, notamment, Sciences Po Paris, l’African Leadership Academy, la chaîne Canal+, l’Institut national de la propriété industrielle et My African Start-up.

Après sélection, une soixantaine de start-up a participé aux African Rethink Awards (ARA), à l’occasion du LAB – Land of African Business – un événement organisé par les Ateliers de la Terre en marge de la COP 21 à l’hôtel de l’industrie à Paris.

La cérémonie organisée le 11 décembre a vu la remise de trois principales récompenses :  grand prix (10 000 euros), prix de la diaspora (5 000 euros), prix de l’entrepreneuriat féminin (5 000 euros)

Les achats de lampes solaires en ligne primés

C’est Derrick Hosea Opio qui a le plus séduit et remporté le grand prix. Son entreprise, Onelamp, lancée en 2014 en Ouganda, propose des lampes solaires qui peuvent se commander et se payer sur une plateforme mobile qu’il a créée. En un an d’existence, il a vendu plus de 4 000 lampes. Des lampes solaires qui remplacent les lampes à pétrole utilisées par les familles dans des zones reculées qui n’ont pas accès à l’électricité.

En plus d’être une solution propre, les lampes solaires permettent aux familles pauvres de moins dépenser, vu qu’elles n’ont plus besoin d’aller acheter tous les jours du kérosène. D’après les estimations de ses promoteurs, Onelamp aurait fait économiser 750 000 dollars aux familles qui ont adopté les lampes solaires.

Pour Derrick Hosea Opio, les ARA sont une expérience très enrichissante. « Venir ici m’a permis de me sentir vraiment africain. J’ai rencontré des Camerounais, des Kényans, des Ivoiriens que je vais pouvoir recontacter. Il y a beaucoup d’entrepreneurs ambitieux et j’apprends de ce qu’ils font. »

Foyer en argile

Certains des entrepreneurs ont parfois été surpris de voir leur entreprise récompensée. C’est le cas de Rinah Zo Rakotonarivo qui est arrivée deuxième dans la catégorie du prix de l’entrepreneuriat féminin – revenu à KickLoans, une entreprise de microcrédit lancée à Toronto par la jeune Camerounaise Stéphanie Mbida et active en Tanzanie. Son entreprise, Tandavanala, a développé un dispositif de foyer amélioré construit en argile pour permettre aux Malgaches de consommer moins de bois quand ils cuisinent.

Même s’il n’a obtenu aucun prix, Majdi Jeljeli, créateur d’un écolabel pour l’industrie textile en Tunisie, a lui aussi beaucoup apprécié l’événement. « Je voulais entrer en immersion, rencontrer d’autres Africains comme moi et c’est réussi. J’avais amené une cinquantaine de cartes de visite et je n’en ai plus aucune. »

Réseaux

Les ARA sont aussi une opportunité pour ces jeunes entrepreneurs de présenter leur modèle économique à un public composé d’autres créateurs d’entreprises, mais aussi de dirigeants de grands groupes ou de capital-investisseurs.

Ainsi d’Elum, une start-up parisienne vainqueur du Prix de la Diaspora, qui propose un logiciel de gestion pour optimiser l’utilisation de l’énergie solaire. Les ARA ont permis à ses dirigeants de discuter avec de nombreuses personnes du continent et de commencer à rencontrer des entreprises intéressées par leur projet. « Nous avons rencontré des personnes de la Senelec [l’entreprise nationale d’électricité au Sénégal, Ndlr]. On espère poursuivre le dialogue avec eux et les rencontrer par la suite, » explique Karim El Alami, l’un des fondateurs de la société.

“Solutions spécifiques à un problème spécifique”

« Les projets sélectionnés proposent des solutions spécifiques à un problème spécifique, qui peut concerner plusieurs pays africains » précise Raphaël-Ange Prebay, responsable du projet des ARA pour les Ateliers de la Terre. « Et les projets qui ont le plus séduit le jury sont ceux qui permettent de privilégier des besoins de l’immédiat. »

Les ARA seront poursuivis l’année prochaine, les Ateliers de la Terre ayant envie de pérenniser ce rendez-vous. En 2016, le think-tank français espère pouvoir faire venir 150 entrepreneurs à Marrakech où aura lieu la COP22.

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