Société

« Love me Tinder » : ces Maghrébins qui se laissent tenter par des applis de rencontres

Au Maghreb, Tinder et les autres applications mobiles de rencontres sont souvent considérées comme une perte de temps. © Tsering Topgyal/AP/SIPA

Il sont Marocains, Algériens ou encore Tunisiens. Ils ont entre 21 ans et 50 ans. Pour Jeune Afrique, ils racontent leurs expériences sur Tinder, Badoo et autres Happn.

Il y a eu Analik « site de rencontres et de mariages 100% marocain» en 2012, Netcharfoo « 100% Tunisien 100% Décalé », lancé cette année, mais il y a surtout Tinder l’Américaine, Badoo la Britannique et Happn la Française. Après les sites de rencontres qui ont fait leur apparition il y a une dizaine d’années, c’est au tour des applications sur smartphone d’essayer de séduire les Maghrébins. Avec leurs lots de rencontres, de déceptions et d’histoires d’amour. Témoignages.

Je n’avais pas trop confiance dans les hommes qui pouvaient être sur ce genre d’applications

Asmaa, 25 ans, Mohammedia

« Au début de l’année, je me suis retrouvée célibataire après 5 ans de relation. Je me suis demandée comment je pouvais rencontrer des gens et je me suis laissée tenter par Tinder, par curiosité. Comme je n’avais pas trop confiance dans les hommes qui pouvaient être sur ce genre d’applications, j’ai pris mon temps. J’ai parlé avec beaucoup de gens, parfois même sur Whatsapp par la suite. Mais aucun ne m’a convaincu de sauter le pas de la rencontre. J’ai arrêté de l’utiliser et je me suis concentrée sur les rencontres dans la ‘vraie vie’. Une amie passe tout son temps sur Tinder et enchaîne les rendez-vous mais elle est toujours déçue. Finalement, je trouve que c’est une perte de temps ».

Principalement des histoires courtes

Youssef, 26 ans, Casablanca

« C’est un ami qui m’a parlé de Tinder il y a un peu plus d’un an. Depuis, je l’utilise toujours mais j’aimerais avoir plus de temps à y consacrer. Plus récemment, je me suis mis à utiliser Spotted [sortes de pages dédiées aux petites annonces matrimoniales, ndlr], après avoir été invité par un ami sur Facebook à un groupe Spotted Maroc. Contrairement à beaucoup d’applications, ce n’est pas juste un catalogue de photos. On peut géolocaliser la personne, ce qui donne une idée des lieux qu’elle fréquente, si vous avez les mêmes habitudes sociales etc. Au total, j’ai dû rencontrer 6 ou 7 filles à travers ces applications, principalement des histoires courtes. Ce n’était pas forcément volontaire. Je n’exclue pas que cela débouche sur une relation de couple si la fille suscite suffisamment mon intérêt ».

Les mecs ne sont dessus que pour des relations physiques

Célia, 21 ans, Tizi Ouzou

« J’ai téléchargé Tinder quand ça a été créé, je voulais voir ce que ça donnait mais je n’ai pas été satisfaite. Les mecs ne sont dessus que pour des relations physiques ; il n’y a que des photos – qui ne sont pas forcément des photos d’eux, on ne juge que sur le physique et on ne sait rien de leurs vies. Je n’ai jamais vraiment pris cette application au sérieux, je ne me vois pas du tout trouver une relation sérieuse sur Tinder. Je préfère Instagram pour les rencontres. On peut regarder les photos des gens, de leurs activités, ça nous donne une meilleure idée de leur univers, c’est plus rassurant de rencontrer des garçons comme ça. C’est trop compliqué pour une fille de rencontrer quelqu’un dans la rue, on se fait constamment harceler »

On voit des dizaines de profils pour très peu de retour

Omar, 29 ans, Alger

« Soyons honnête, je me suis inscrit sur Tinder et Badoo pour trouver des filles intéressantes à proximité. Pour avoir une relation sexuelle quoi ! Mais c’est vraiment compliqué via les applications. On voit des dizaines de profils pour très peu de retour. Au final, je trouve que je passe beaucoup de temps dessus alors que ce n’est pas forcément concluant. J’ai momentanément désinstallé l’application pour cause de manque d’espace sur mon téléphone. Je rencontre de toutes les façons beaucoup de filles dans la vie de tous les jours. Avec Facebook, je trouve aussi beaucoup de profils sympas, mes deux dernières histoires sont venues de Twitter ».

Un trop grand décalage entre le ressenti virtuel et la réalité

Salma*, 50 ans, Tunis

« J’ai utilisé Badoo à un moment où je n’avais personne dans ma vie. Une publicité sur Facebook a attiré mon attention et je me suis dit pourquoi pas. Je discutais jusqu’à 2 à 3 heures par jour avec certaines personnes. Je prenais le temps de sélectionner qui j’allais rencontrer. En 8 mois d’utilisation, j’ai dû accepter 4 rendez-vous. La plupart ont été très décevants. Je trouvais qu’il y avait un trop grand décalage entre le ressenti virtuel et la réalité. Et tous les hommes ne cherchent que du sexe. Ceux qui cherchent autre chose sont rares. J’ai quand même rencontré quelqu’un avec qui je suis restée un an. Et puis j’ai fait une rencontre hors de ces réseaux et j’ai arrêté d’utiliser Badoo ».

*le prénom a été modifié à la demande de l’interessée

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