Politique économique

Afrique du Sud : les agences de notation sanctionnent la faible croissance

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La croissance sud-africaine est en recul. Le PIB devrait croître de seulement 1,5 % en 2015.

La croissance sud-africaine est en recul. Le PIB devrait croître de seulement 1,5 % en 2015. © Siphiwe Sibeko/Reuters

Standard & Poor’s fait passer les perspectives du pays de stables à négatives, alors que son homologue Fitch dégrade la note qu’elle accorde à l’État, placée désormais juste au-dessus de la catégorie spéculative.

Nouvelles tensions sur la signature de l’Afrique du Sud. L’agence Standard & Poor’s a fait passer le 04 décembre les perspectives de la note souveraine du pays de stables à négatives, tout en la maintenant à « BBB-« . Son homologue Fitch a elle rétrogradé d’un cran la note de long terme de l’Afrique du Sud qui se retrouve désormais également à « BBB-« , juste un échelon au-dessus des catégories spéculatives.

Les deux agences motivent leur décision par des perspectives de croissance décevantes de l’économie sud-africaines, auxquelles s’ajoute une dette en hausse.

Standard & Poor’s a abaissé sa prévision de croissance de l’économie sud-africaine de +2,7 % en juin à +1,4 % pour 2015. L’agence indique s’attendre à « une période prolongée de croissance basse », due à une demande intérieure atone, des prix des matières premières en berne et un approvisionnement électrique encore inadapté, entre autres. Fitch mise sur une croissance de 1,4 % en 2015, contre une prévision précédente de 2,1 %

Émergents

L’Afrique du Sud bénéficie encore d’une note dite d’investissement auprès des trois grandes agences de notation. En novembre 2014, l’agence de notation Moody’s a dégradé d’un cran la note de l’Afrique du Sud, de « Baa1 » à « Baa2 », pointant les mauvaises perspectives de croissance et l’évolution négative du ratio dette-PIB, après l’avoir déjà rétrogradé, d’un cran également, en septembre 2013.

Les décisions prises par S&P et Fitch la semaine dernière laissent craindre que Pretoria voie bientôt sa note souveraine chuter en catégorie spéculative, comme cela a été le cas d’autres membres du groupe BRICS tels que le Brésil (en septembre) et la Russie (janvier).

Contrôle

Standard and Poor’s note toutefois « un léger mieux » du fait d’un contrôle rigoureux des dépenses et des rentrées fiscales stables, et table ainsi sur une stabilisation de la dette publique à 43 % du PIB fin 2015, puis 45 % en 2017. L’endettement sud-africain a doublé depuis 2008, date à laquelle il atteignait 22 % du PIB.

Mais l’agence s’inquiète des garanties apportées par l’État à plusieurs entreprise publiques, Eskom (électricité), Sanral (routes) ou South African Airways. Celles-ci « pourraient recourir à davantage de soutien de l’État que ce que nous anticipons actuellement ».

La reprise pourrait s’amorcer au cours des exercices suivants. S&P Parie sur une hausse du PIB de +1,6 % en 2016 et +2 % 2017, grâce à l’ouverture de nouvelles centrales électriques, à l’absence de grèves de grande ampleur comme celles qui ont marqué le pays ces derniers années dans le secteur des mines et à plusieurs réformes de l’économie que Jacob Zuma pourrait entreprendre au cours de son second mandat. Fitch parie en revanche sur une croissance de + 1,7 % en 2016, contre une prévision de +2,3 % annoncée plus tôt.

Priorité

En réponse aux décisions de Fitch et S&P, le Trésor sud-africain a indiqué dans un communiqué être « conscient du fait que la performance de la croissance économique du pays doit être améliorée d’une manière durable », et fait de la résolution du problème de l’énergie « une priorité immédiate ».

Le gouvernement indique également avoir prévu « une série de réformes urgentes pour construire une économie plus compétitive, notamment en investissant dans les infrastructures, avec la réforme du fonctionnement des entreprises appartenant à l’État et des réformes du marché du travail pour aider à éviter les grèves prolongées ».

 

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