Elections

Révision constitutionnelle au Rwanda : Kagamé dénonce l’ingérence de la communauté internationale

Le président rwandais Paul Kagamé, le 16 avril 2015 à Addis Abeba.

Le président rwandais Paul Kagamé, le 16 avril 2015 à Addis Abeba. © Zacharias Abubeker/AFP

Lors d'une réunion du bureau politique de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), le président Paul Kagamé a dénoncé dimanche l'ingérence de la communauté internationale dans les affaires intérieures de son pays. Allusion faite aux critiques émises après l'adoption de la réforme constitutionnelle au Rwanda.

« Nous pouvons être bons amis, nous pouvons convenir d’être en désaccord, mais la limite est lorsqu’il est question des intérêts des Rwandais », a lancé, le 6 décembre, le président Paul Kagamé au sujet des partenaires extérieurs du Rwanda, lors d’une réunion du bureau politique de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR).

« Il nous disent que nous devrions avoir le droit de faire nos propres choix, mais nos propres choix sont par la suite définis comme des ‘manœuvres' », a poursuivi le président rwandais, selon des propos cités sur le compte Twitter du FPR. « Nos choix sont qualifiés de manœuvres parlementaires, quand nos actes ne correspondent pas aux vœux d’autres nations », a-t-il ajouté.

Le président rwandais faisait allusion aux critiques émises par la communauté internationale après l’adoption le 17 novembre d’une révision constitutionnelle qui doit encore être ratifiée par référendum, dont une disposition controversée lui autorise à se représenter en 2017 – ce que ne lui permet pas le texte actuel – et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

Kagamé répond à Washington

Si vous voulez obtenir quelque chose de moi en me prenant de haut, soyez sûrs que vous aurez l’inverse

Les autorités rwandaises affirment que cette révision est le fruit d’une initiative populaire, quelque 3,7 millions de Rwandais ayant signé des pétitions demandant un maintien au pouvoir de M. Kagame, 58 ans. Mais de nombreux observateurs doutent de la spontanéité du mouvement populaire et y voient une manœuvre orchestrée par les autorités, dans un pays régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’expression et son peu d’ouverture politique.

Paul Kagamé a jusqu’ici indiqué qu’il ne se représenterait en 2017 que s’il était plébiscité par son peuple. Dimanche, il a répété aux membres du FPR, que sa décision serait « basée sur [le résultat du] référendum ».

Mais le président rwandais en a aussi profité pour répondre à Washington qui menace de revoir ses liens avec Kigali s’il se maintient au pouvoir après 2017. « Si vous voulez obtenir quelque chose de moi en me prenant de haut, vous pouvez être sûrs à 100 % que vous ne l’obtiendrez pas. Soyez sûrs que vous aurez l’inverse ».

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