Banque

Microfinance : Advans met l’accent sur le monde rural et la banque mobile

Claude Falgon, directeur exécutif d'Advans © Horus Development Finance

Le total des encours de prêts des filiales africaines d'Advans atteint 77 millions d'euros, huit ans après l'arrivée sur le continent du groupe de microfinance qui vient de fêter ses dix ans à Paris. Ils s'établissaient à 27 millions d'euros en 2012.

Huit ans après l’entrée en Afrique d’Advans – au Cameroun – les filiales africaines de la société luxembourgeoise de microfinance cumulent 77 millions d’encours de prêts soit une progression de 50 millions d’euros depuis 2012. Ces chiffres – qui n’incluent pas les résultats de la filiale tunisienne ouverte en mars dernier – ont été rendus publics par la société à l’occasion de son dixième anniversaire, le 04 décembre, à Paris.

Si le gros des activités d’Advans reste ancré dans sa plus vieille filiale, au Cambodge (368 500 clients), sept de ses neuf filiales ont été ouvertes en Afrique : au Cameroun en 2007, au Ghana en 2008, en RDC en 2009, en Tanzanie en 2011, en Côte d’Ivoire et au Nigeria en 2012, en Tunisie cette année. L’entreprise, qui compte 170 000 clients sur le continent, n’entend pas en rester là.

Après une prochaine implantation prévue en Birmanie, plusieurs autres pays africains notamment dans la bande sahélienne sont au programme, évoque sans donner davantage de détails Claude Falgon, le directeur exécutif d’Avans. Du fait du nombre d’institutions positionnées sur le segment de la microfinance, « on se dirige vers une consolidation du secteur à laquelle Advans va prendre part », ajoute-t-il.

Des prêts de 65 000 à 150 millions de F CFA

« Les montants des crédits que nous octroyons vont de 65 000 F CFA – pour les augmentations de stock d’un commerçant par exemple – à près de 150 millions de CFA [228 000 euros] en appui à une PME », détaille Claude Falgon.

Interrogé sur le coût de ces crédits, jugés parfois excessifs dans le secteur de la micro-finance, Olivier Bailly-Béchet, responsable crédit chez Advans, précise : « Les taux sont variables d’un pays et d’un secteur à l’autre, en fonction des réglementations et des taux d’usure [taux maximum que les prêteurs sont autorisés à pratiquer dans certains pays, Ndlr]. Ils peuvent aller jusqu’à un taux effectif global (TEG) annuel de 60 % quand Advans opère des crédits auprès de très petits acteurs qui n’offre aucune garantie et qui sinon n’obtiendraient aucun crédit dans des institutions bancaires classiques ».

« Cela peut sembler exorbitant mais c’est toujours mieux que dans les réseaux informels où les taux des emprunts – renouvelés parfois plusieurs fois par an – sont systématiquement de 100 % au moins », insiste le responsable.

 

Banque mobile

« Advans est d’abord intervenu dans les crédits en ville avec des acteurs particuliers, des vendeurs de tomates ambulants dans les capitales africaines jusqu’à des PME », explique Claude Falgon. Le groupe de microfinance s’ouvre aujourd’hui davantage au monde rural.

En Côte d’Ivoire, Advans développe plusieurs projets pilotes dans la banque mobile en cours principalement auprès des producteurs de cacao et en partenariat avec les opérateurs de télécommunication MTN et Orange. « Au lieu de transporter en une seule fois les dizaines de millions de F CFA de leurs ventes, au risque de se les faire voler, nous proposons aux paysans des ouvertures de compte et le paiement par téléphone », explique Grégoire Danel-Fédou, directeur général de Advans Côte d’Ivoire.

Un travail de fourmi en zone rurale que le groupe entend intensifier en Afrique, par exemple au Ghana mais aussi au Cameroun où des outils de financement ruraux en faveur des activités agricoles et non-agricoles ont été testés en 2011. Depuis juillet 2012, 2 446 prêts ont été accordés dans les régions de Bafoussam, Bamenda, Kumba, Douala et Yaoundé, pour un total de 5,9 millions d’euros.

Actions

Créé en 2005, Advans est détenu principalement par des banques publiques de développement :  le Fonds d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (Fisea) de l’Agence française de développement (11,6 %), la Banque européenne d’investissement (22 %), CDC, l’institution de développement économique britannique (17,3 %), FMO, l’agence d’aide au développement néerlandaise (17,3%), IFC (International Finance Corporation), filiale du groupe de la Banque mondiale (15,3 %) et la banque publique allemande KfW (14,9 %). S’y ajoutent la société de conseil en financement Horus Development Finance (0,5 %) et La Fayette Participations (1,1 %), société d’investissement en capitaux propres spécialisée dans la finance, toutes deux dirigées par Claude Falgon.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte