Religion

Mali : l’imam Mahmoud Dicko voit dans le terrorisme « une punition divine » et crée la polémique

Personnes transportant des blessés après l'attaque de l'hôtel Radisson Blu, Bamako, 25 novembre 2015

Personnes transportant des blessés après l'attaque de l'hôtel Radisson Blu, Bamako, 25 novembre 2015 © Baba Ahmed / AP / SIPA

Depuis mardi, chroniqueurs, figures de la société civile et internautes réagissent au propos du président du Haut conseil islamique du Mali, qui a expliqué voir dans le terrorisme « une punition divine ».

« Nous devons tirer les leçons des attentats à Paris, comme à Bamako, à Tunis ou ailleurs dans le monde […] Dieu est en colère. Les hommes ont provoqué Dieu. » Ces quelques mots, prononcés lors d’une interview à une télévision malienne la semaine dernière, ont mis le feu aux poudres. Répondant à une question sur l’attaque du 20 novembre à l’hôtel Radisson Blu, au centre de Bamako, Mahmoud Dicko, en a remis une couche expliquant que la colère de Dieu était liée à la présence d’homosexuels et de bars dans son pays.

Il a cependant précisé que cet attentat était « un acte condamnable »,  que « l’être humain est sacré et que la religion musulmane ne dit à personne de tuer en son nom ». Malgré ces précautions, les réactions ne se sont pas fait attendre.

Mahmoud Dicko a vraiment raté une occasion de se taire »

La presse malienne s’est vite emparée de l’affaire, avec une titraille virulente. On a pu lire par exemple dans le Zénith Balé sous la plume de : « Halte aux pyromanes et aux hypocrites : Mahmoud Dicko a vraiment raté une occasion de se taire ». Dans cette tribune publiée dans la presse locale, le chroniqueur qualifie les propos de l’imam de « scandaleux », et rappelle que « Dieu n’a besoin d’aucun auxiliaire ou bras armé pour exprimer sa colère ». Une opinion reprise, sur le papier comme sur Twitter, où les messages de paix se multiplient.

Puis ce sont plusieurs figures de la société civile et des médias  qui ont tenu à répondre au chef religieux. Et parmi elles le réalisateur Alioune Ifra Ndiaye, qui a publié une lettre ouverte sur sa page Facebook : « J’aimerai mieux vous entendre sur le sort des milliers d’enfants mendiants exploités par les marabouts et récupérables puis transformables en kamikazes par ceux dont vous justifiez l’acte », écrit-il.

Une apologie du terrorisme » ?

Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel A. Tessougué lui-même, y est allé de son commentaire : « C’est une sorte d’apologie du terrorisme que je sens. » Il a rappelé que « le terrorisme ne s’explique pas, pas du tout. » En somme, une mise en garde à l’attention de Mahmoud Dicko.

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