Elections

Élections au Burkina Faso : les clés pour comprendre le scrutin de dimanche

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Scène de fin de journée sur la place des Nations unies au centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Scène de fin de journée sur la place des Nations unies au centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. © Nyaba Leon Ouedraogo pour J.A.

Le premier tour des élections présidentielle et législatives aura lieu ce dimanche 29 novembre au Burkina. Pour tout comprendre de ce scrutin historique, suivez le guide.

  • Pourquoi ces élections sont-elles historiques ?

Le 31 octobre 2014, Blaise Compaoré, pressé par la rue, quittait le pouvoir après 27 ans d’un long règne sur le Burkina Faso. Le régime de transition qui lui a succédé avait pour principale mission d’organiser, d’ici octobre 2015, les premières élections libres et démocratiques qui désigneraient les nouvelles autorités du pays.

Mi-septembre, leur pari était en passe d’être réussi lorsqu’une tentative de coup d’État menée par le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’État-major particulier et bras droit de l’ex-président, a brièvement interrompu le processus électoral. Réinstallées à la tête du pays au bout d’une semaine périlleuse, les autorités de transition ont finalement tenu bon, décalant de quelques semaines les élections initialement prévues le 11 octobre, en raison du pustch manqué.

  • Pourquoi organiser un scrutin couplé présidentielle-législatives ?

Des élections législatives et municipales s’étaient déjà tenues en même temps le 2 décembre 2012. Mais c’est la première fois que les scrutins présidentiel et législatif seront organisés le même jour ce 29 novembre au Burkina. Ce choix inédit a été fait par les autorités de transition au début de l’année 2015, principalement pour des raisons budgétaires. Plus simple à organiser d’un point de vue logistique, ce mode d’élections « couplées » est aussi moins onéreux. Les élections municipales sont prévues à part, le 31 janvier 2016, mais seront elles aussi sûrement repoussées.

  • Comment sont financées ces élections ?

Le budget total de ces élections couplées est estimé par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) à près de 35 milliards de francs CFA (soit plus de 53 millions d’euros), dont 25 milliards (plus de 38 millions d’euros) ont été débloqués directement sur le budget de l’État. Les 10 milliards restant (environ 15 millions d’euros) sont fournis par les partenaires étrangers du Burkina, dont l’Union européenne (UE), la France ou encore les État-Unis.

  • Combien d’électeurs sont appelés à voter ?

Tous les citoyens burkinabè âgés de 18 ans et inscrits sur les listes électorales pourront voter le 29 novembre prochain, à l’exception notable des Burkinabè de la diaspora résidant à l’étranger. Les autorités de transition ont en effet décidé de les exclure du vote, justifiant ce choix difficile par les difficultés logistiques et les frais supplémentaires qu’une telle mesure supposait. En tout, un peu plus de 5,5 millions d’électeurs sont enregistrés dans les fichiers de la Céni et sont attendus aux urnes dimanche prochain.

  • Comment vont se dérouler ces scrutins couplés ?

Un peu plus de 17 000 bureaux de vote seront répartis à travers le pays. Ils seront ouverts de 6h à 18h. Après avoir présenté sa carte d’électeur, le votant fera d’abord son choix pour l’élection présidentielle, puis pour les législatives, avec deux bulletins distincts à glisser dans deux urnes différentes.

  • Quels sont les risques de fraudes ?

La Céni se veut rassurante depuis des semaines : son fichier électoral biométrique est « inviolable ». Le jour du vote, elle déploiera cinq agents par bureau de vote, soit un total de plus de 85 000 personnes, payées 15 000 francs CFA chacune pour s’assurer du bon déroulement du scrutin.

À cela s’ajouteront les 120 observateurs dépêchés au Burkina Faso par l’UE et surtout les membres de la Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (Codel). Cette coalition, qui regroupe 35 organisations de la société civile burkinabè, entend déployer plus de 4 000 observateurs dans les bureaux de vote le jour J pour surveiller les élections. Ils transmettront leur données à une « situation room électorale » basée à Ouagadougou, qui effectuera un suivi du scrutin en temps réel sur sa plateforme BurkinaVote.com.

  • Quand doit avoir lieu le second tour (s’il a lieu) ?

La Céni espère annoncer les résultats provisoires des élections dès le lendemain des scrutins, le lundi 30 novembre. Un ou quelques jours de retard ne sont pourtant pas à exclure, même si les organisateurs affirment qu’ils feront tout pour tenir ce délai. Une fois les résultats provisoires dévoilés par la Céni, les candidats à la présidentielle auront 48 heures pour déposer des recours.

Si un second tour devait se tenir, il aura lieu quinze jours après la proclamation des résultats définitifs du premier tour par le Conseil constitutionnel. « C’est impossible de prévoir une date à l’avance. Cela dépendra des résultats du premier tour, des éventuels recours par les candidats et du délai de leur traitement », explique un membre de la Céni.

  • Qui sont les favoris ?

Quatorze candidats se présentent à cette élection présidentielle, présentée comme la plus ouverte jamais organisée au Burkina. Parmi eux, deux favoris se distinguent : Zéphirin Diabré, le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et Roch Marc Christian Kaboré, celui du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Selon les observateurs et différents sondages menés par des journaux burkinabè, ces deux cinquantenaires devraient se retrouver pour un duel au second tour. Quant aux élections législatives, 127 sièges de députés sont à pourvoir à travers un scrutin de listes à la proportionnelle.

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