Économie

Ahmed Bouzguenda veut être prophète en Tunisie

Directeur général de Société Bouzguenda Frères, l’héritier du groupe familial de BTP souhaite renforcer sa position à domicile avant de miser plus sur l’international.

Mis à jour le 13 juin 2012 à 14:35

Ahmed Bouzguenda pourrait prendre la tête de l’Institut arabe des chefs d’entreprise. © SBF

Le chantier de l’ambassade des États-Unis à Rabat, débuté fin février, apporte une nouvelle pierre à la construction de la réputation internationale de la Société Bouzguenda Frères (SBF). Présent depuis une décennie en Mauritanie, au Bénin et en Libye, le groupe sfaxien ne fait pourtant pas de son expansion hors de Tunisie sa priorité absolue. Ahmed Bouzguenda, 46 ans, directeur général, préfère mettre en avant le projet de réseau ferroviaire rapide de Tunis, dont SBF construit les stations de voyageurs.

Profil

– Ingénieur en génie civil, 46 ans

– Diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Lyon (France)

– Titulaire d’un 
MBA de l’Université du Vermont (États-Unis)

« Pour bien se développer à l’international, il faut être fort chez soi », estime le fils de Mohamed Bouzguenda, qui, dans les années 1970, donna sa forme actuelle au groupe fondé à la fin du XIXe siècle. Le chiffre d’affaires de SBF, de plus de 50 millions d’euros, place l’entreprise familiale parmi les leaders du secteur. Une position qu’il convient cependant de défendre au moment où le gouvernement examine l’attribution de nombreux chantiers dans le cadre de son plan de relance.

Construction de routes, d’autoroutes, de logements sociaux, d’une centrale à gaz à Sousse en partenariat avec Alstom… SBF est sur tous les fronts. Autant de projets pour lesquels le groupe doit affronter une concurrence locale et étrangère. « Dernièrement, pour un tronçon de l’autoroute du Nord-Ouest, la proposition la moins-disante a été faite par une entreprise italienne, alors qu’il y avait cinq sociétés tunisiennes en face ! » rappelle Ahmed Bouzguenda.

Normes

Comme d’autres, le patron cherche à limiter ses coûts, notamment en investissant de plus en plus dans des engins fabriqués en Chine, en Inde ou en Turquie. Mais pour se différencier, Ahmed Bouzguenda parie aussi sur la montée en gamme de ses prestations. Après avoir décroché la norme ISO 9001 (gestion de la qualité), SBF vise les certifications ISO 14001 (environnement) et ISO 18001 (santé et sécurité). « Cette démarche commence à porter ses fruits auprès des donneurs d’ordre et des partenaires privés, mais pas encore auprès des pouvoirs publics », note le directeur général. Une stratégie ambitieuse qu’il aime partager au sein de l’Institut arabe des chefs d’entreprise, un think-tank regroupant les grands groupes privés tunisiens et dont il pourrait prendre la tête à l’issue de l’élection du comité exécutif, fin juin.