Sécurité

Mali : Bamako dans le viseur des groupes terroristes

Des soldats maliens assistent l'un des otages évacués. © Harouna Traore/AP/SIPA

Touchée par un attentat pour la première fois au mois de mars dernier, et à nouveau avec l'attaque de l'hôtel Radisson Blu vendredi, la capitale malienne vit depuis des mois sous la menace des groupes terroristes.

Comme leurs homologues français, il y a tout juste une semaine, à Paris, les services de renseignement maliens n’ont rien vu venir. Comme eux, ils sont sur le qui-vive, déjouent des projets d’attentats, procèdent à des arrestations, mais ne parviennent pas à tout surveiller ni à tout empêcher. L’attaque menée ce vendredi matin contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, qui a déjà fait au moins trois morts, en est le triste exemple.

Les services de sécurité maliens savent pourtant que Bamako est dans le viseur des groupes terroristes locaux depuis l’attaque meurtrière contre le bar-restaurant La Terrasse, dans le centre de la capitale, le 7 mars dernier. Ce jour-là, un homme armé avait ouvert le feu dans cet établissement apprécié des expatriés et Occidentaux de passage, faisant 5 morts. Après ce premier attentat à Bamako, la Sécurité d’État (SE), les services de renseignement maliens, avait réussi à neutraliser son auteur présumé mais aussi acquis la conviction que la capitale n’était plus à l’abri de la menace terroriste, jusque-là cantonnée au Nord instable du pays.

Attaques déjouées

Dans les mois qui suivent, alors que les jihadistes « sudistes » du Front de libération du Macina (FLM) et leurs alliés de la katiba Khaled Ibn Al Walid intensifient leurs attaques dans le centre et le sud du Mali, Bamako n’est pas épargné. Le 20 mai, un homme ouvre le feu contre une résidence de la Minusma, la mission de l’ONU dans le pays, blessant un gardien. Cinq jours plus tard, un convoi de Casques bleus est mitraillé alors qu’il quitte l’aéroport. Un Casque bleu est tué.

Sur la brèche, les services de sécurité maliens ont réussi à déjouer plusieurs tentatives d’attentats dans la capitale ces derniers mois, notamment une attaque programmée contre le club nautique « Djoliba », le 2 août. Elles étaient l’oeuvre de la katiba Khaled Ibn Al Walid et du Front de libération du Macina.

« Cellules dormantes »

Préoccupées, différentes sources maliennes et étrangères évoquaient récemment la présence de « cellules jihadistes dormantes » à Bamako. « Elles sont très difficile à surveiller, nous sommes tout le temps en alerte », glisse un membre de l’entourage du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Depuis la signature de l’accord de paix avec les différents groupes armés du Nord, au mois de juin, différents observateurs dénonçaient aussi la présence ponctuelle à Bamako de « transfuges » potentiellement dangereux, c’est à dire d’anciens membres de groupes jihadistes du Nord passés sous la bannière plus fréquentable de groupes armés signataires du texte à la faveur de l’extrême porosité entre certains de ces mouvements.

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