Politique

Zimbabwe : non, Grace Mugabe ne veut pas devenir présidente (c’est elle qui le dit)

Grace Mugabe, épouse du président zimbabwéen, a nié jeudi vouloir succéder à son mari, appelant au contraire à soutenir la candidature de Robert Mugabe, 91 ans, à la prochaine élection présidentielle même s’il doit se présenter en « fauteuil roulant ».

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Mis à jour le 19 novembre 2015 à 19:56

Grace Mugabe. © AFP

« Je me tiens devant vous en tant qu’épouse du président et en tant que la personne que vous avez choisie à la tête de la Ligue des femmes (du parti au pouvoir). C’est tout », a déclaré Grace Mugabe devant 5 000 partisans du parti Zanu-PF réunis à Harare. « Je n’ai pas besoin d’un autre rôle », a-t-elle assuré.

Grace Mugabe, 50 ans, a affirmé vouloir se concentrer sur ses fonctions et sur le soutien à son mari en vue de la présidentielle de 2018. « Certains me rient au nez en disant que la femme de Mugabe doit être folle. J’ai dit que nous mettrons Robert Mugabe sur une chaise roulante et que nous irons aux élections », a-t-elle encore lancé jeudi.

Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, est le plus vieux dirigeant du continent africain. Preuve, selon l’opposition, qu’il n’a plus les capacités mentales à diriger un pays, il avait en septembre répété, dans son intégralité devant le parlement, le même discours que celui donné le mois précédent.

Une dauphine

Jeudi, Grace Mugabe a aussi appelé à la fin des divisions au sein de la Zanu-PF. « Arrêtez les factions car les factions divisent le parti. On peut seulement me réduire au silence en me tirant dessus et en me tuant. Je ne vais pas être bâillonnée. Je ne vais pas être intimidée. »

Depuis qu’elle a été désignée à la tête de la Ligue des femmes en 2014, la Première dame joue un rôle politique croissant. L’an dernier, elle a mené une campagne destinée à expulser de la Zanu-PF l’ancienne vice-présidente Joice Mujuru, considérée un temps comme possible successeur de Robert Mugabe. De nombreux observateurs ont vu dans l’ascension politique récente de Grace Mugabe la volonté de son mari d’en faire une dauphine.