Économie

Le port d’Abidjan veut tripler ses capacités

Le gouvernement ivoirien a lancé un appel d’offre pour la mise en concession de la réalisation et de l’exploitation du deuxième terminal à conteneurs du port autonome d’Abidjan.

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Mis à jour le 11 juin 2012 à 14:07

Le port d’Abidjan veut résister à la concurrence de ses voisins d’Afrique de l’Ouest. © Olivier

C’est reparti pour le port d’Abidjan. Alors qu’il vient d’inaugurer son terminal butanier de 1 500 tonnes par an, il a lancé un appel d’offres pour la construction d’un deuxième terminal à conteneurs qui permettra de tripler ses capacités d’ici 2016. Aujourd’hui, le port dispose d’une capacité de 800 000 conteneurs, via un premier terminal (Vridi) géré par Bolloré. Le nouveau terminal devrait occuper une superficie d’environ 35 hectares et ajouter une capacité annuelle de 1,5 million de conteneurs.

Pendant les dix dernières années, marquées par de fortes incertitudes politiques en Côte d’Ivoire, la concurrence des ports ouest africains s’est accentuée tandis que le port d’Abidjan ne cessait de décliner, ses projets de développement bloqués par l’absence d’investissements. En mars dernier, le port de Conakry, en Guinée, a annoncé ses propres plans de développement, avec l’objectif d’atteindre un trafic de 10 millions de tonnes en 2013. Les autres concurrents régionaux ont également développé leurs capacités, que ce soit au Togo, au Sénégal, au Nigeria ou au Cameroun.

Capter le trafic sud-sud

L’objectif des autorités portuaires est néanmoins ambitieux : « faire d’Abidjan le principal hub des exportations non seulement entre le nord et le sud, mais aussi entre les pays du sud, dont le développement économique va continuer de s’accroître durant les prochaines années », a expliqué Hein Sie, le directeur du port, selon des propos rapportés par Reuters.

Avec un trafic total (toutes marchandises confondues) de 16,6 millions de tonnes en 2011, Abidjan est déjà bien placé en tant que principal point de passage des exportations de cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. En outre, il contrôle 60% du trafic commercial vers et en provenance des pays enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Le nouveau gouvernement ivoirien emmené par Alassane Ouattara suit un objectif de développement des infrastructures. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 18 juillet pour remettre leurs propositions aux autorités pour un début des travaux prévu en 2013.