Société

Afrique du Sud : le « docteur-la-mort » bientôt interdit d’enseigner ?

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 17 novembre 2015 à 11h40
Wouter Basson était le chef du département de guerre chimique et biologique pour le gouvernement sud-africain pendant l’apartheid.

Wouter Basson était le chef du département de guerre chimique et biologique pour le gouvernement sud-africain pendant l'apartheid. © Themba Hadebe/AP/Sipa

Les étudiants en médecine de la prestigieuse université de Stellenbosch, dans le sud-ouest de l’Afrique du Sud, ont exigé lundi que le médecin sud-africain Wouter Basson, surnommé « docteur-la-mort » pour son sinistre rôle pendant le régime d’apartheid, ne puisse plus pouvoir enseigner.

« Pendant l’apartheid [qui a pris officiellement fin en 1994], Wouter Basson était le chef du département de guerre chimique et biologique pour le gouvernement sud-africain et est accusé de crimes multiples contre l’humanité », a explique, le 16 novembre, l’Association des étudiants en médecine de Tygerberg qui exige que ce « docteur-la-mort » ne puisse plus donner cours à l’université.

« Wouter Basson enseigne à des étudiants de quatrième année qui se rendent à tour de rôle à Mediclinic », un groupe d’hôpitaux privés en Afrique du Sud, a dénoncé l’association.

« Interdire tout contact » entre Basson et les étudiants

Tout en reconnaissant que Basson n’est pas directement employé par l’université de Stellenbosch, ce regroupement d’étudiants sud-afrcains lance « un appel clair à la direction pour qu’elle lui interdise tout contact avec les étudiants ».

En 2002, Wouter Basson, ancien chirurgien en chef des forces armées sud-africaines, avait été acquitté par la Haute Cour de Pretoria pour 67 chefs d’inculpation dont meurtre, fraude et trafic de drogue.

Mais en 2013, le Conseil sud-africain de l’ordre des médecins l’avait reconnu coupable d’infraction au code éthique. Il était poursuivi pour avoir notamment fourni des capsules de cyanure à des militaires et des drogues en vue d’enlèvements. Il se bat actuellement pour éviter son exclusion de l’ordre des médecins.

Réponse de l’université

L’université de Stellenbosch, située à 50 km à l’est du Cap, a réagi lundi en affirmant que Wouter Basson n’avait « pas été impliqué, à titre officiel, dans la formation ou la supervision des étudiants », depuis sa condamnation en 2013. Puisqu’il intervient « pro bono » – à titre volontaire – auprès des étudiants.

Pour l’instant, il est encore tôt pour savoir si les étudiants remporteront cette nouvelle bataille. La semaine dernière, ils avaient obtenu, après des mois de protestation, que les cours à Stellenbosch, université qui a formé plusieurs théoriciens de l’apartheid, soient enseignés en anglais, et non plus en afrikaans, la langue de la minorité blanche.

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