Politique

Burundi : des violences font au moins sept morts à Bujumbura

Au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs blessées dans la nuit de dimanche à lundi à Bujumbura. Cette nouvelle flambée de violence meurtrière a eu lieu au cours d’affrontements entre insurgés et policiers, et lors d’une attaque contre un bar, ont indiqué une source policière et des témoins.

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Mis à jour le 16 novembre 2015 à 15:22

Des forces de sécurité burundaises, à Bujumbura, le 8 novembre 2015. © Stringer/AP/SIPA

Il s’agit des premiers affrontements de grande ampleur depuis l’opération de désarmement lancée début novembre par la police dans les quartiers contestataires de Bujumbura. « Il y a eu plusieurs attaques de criminels armés dans de nombreux quartiers de Bujumbura, coordonnées apparemment, mais la police a riposté à chaque fois et les a fait fuir », a expliqué un haut gradé de la police ayant requis l’anonymat. Ce dernier a fait état de sept tués, dont un policier, durant la nuit.

Des hommes armés ont notamment attaqué la résidence du maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, dans un quartier proche du centre-ville. L’attaque n’a pas fait de victime, a-t-il indiqué.

Les quartiers concernés 

Dans le quartier de Bwiza (centre), « trois personnes (ont été) tuées par balles » dans un bar de nuit « et une quatrième un peu plus loin » , a indiqué un habitant. Le policier a confirmé cette information, attribuant cette attaque à des « tueurs non encore identifiés ». Une attaque similaire contre un bar de ce même quartier de Bwiza avait fait un mort et sept blessés dans la nuit de samedi à dimanche.

Dans les quartiers sud de Kinindo et Musaga, trois policiers ont été blessés lors d’attaques simultanées de leurs positions, selon cette source policière, qui a ajouté que deux civils avaient été tués – probablement par des balles perdues – dans ceux de Kinanira et Kanyosha, également dans le sud de la capitale.

« Des rafales de Kalashnikov, des explosions, des mitrailleuses »

Un ancien officier supérieur de l’armée a revendiqué au nom des insurgés les attaques contre la résidence du maire de la capitale et les attaques contre la police. Il a cependant rejeté toute responsabilité de la rébellion naissante dans l’attaque du bar de Bwiza.

« C’était horrible, ces violences ont touché de nombreux quartiers en même temps avec des rafales de Kalashnikov, des explosions, des mitrailleuses… », a raconté Françoise, une habitante du centre-ville. Avant d’ajouter : « C’est la première fois qu’autant de quartiers étaient attaqués en même temps ».

Face à la détérioration de la situation, l’Union européenne avait annoncé vendredi 13 novembre l’évacuation de son personnel non essentiel. Cette annonce était survenue quelques heures après l’adoption, à l’unanimité, d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU exhortant l’opposition et le régime burundais à se rencontrer d’urgence.