Économie

Mission sauver le tourisme en Égypte et en Tunisie : appel à la « mobilisation générale »

| Par Jeune Afrique avec AFP
Un hôtel à Sousse, en Tunisie.

Un hôtel à Sousse, en Tunisie. © Darko Vojinovic/AP/SIPA

Après le crash en Égypte et les attentats en Tunisie, le tourisme nord-africain est en grave perte de vitesse. Pour tenter de redresser ce secteur vital pour l’économie régionale, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a appelé à la mobilisation générale.

L’OMT a exhorté la communauté internationale à « soutenir » davantage les pays d’Afrique du Nord confrontés à une grave crise du secteur, appelant notamment à une plus grande coopération pour « gagner la bataille » contre la menace jihadiste.

« La communauté internationale tout entière a la responsabilité de se montrer solidaire. Nous ne laisserons jamais les forces obscures nous empêcher de voyager en Tunisie, en Égypte, ou n’importe où ailleurs », a déclaré jeudi 12 novembre Taleb Rifaï, secrétaire général de l’OMT, une agence onusienne. « Tout le monde doit s’entraider afin de s’assurer qu’elles ne gagneront pas cette bataille. Et elles ne la gagneront pas », a-t-il ajouté.

Chute vertigineuse des visites

Pour faire face, l’OMT a appelé à développer le « partage d’informations » dans le cadre de la coopération internationale. Mais aussi à relever le défi sécuritaire : « Nous devons accroître nos capacités à rendre les voyages plus sûrs ». Pour joindre le geste à la parole, le secrétaire général de l’OMT s’exprimait lors d’une conférence organisée par l’organisme et le gouvernement tunisien à Gammarth, dans la banlieue de Tunis.

Un lieu symbolique, tant la Tunisie souffre des deux attentats jihadistes, au musée du Bardo en mars et à Sousse en juin, qui ont fait 60 morts dont 59 touristes. Depuis, le secteur touristique, qui pèse près de 7% du PIB national et emploie quelque 400 000 personnes, est à l’arrêt. Dans la foulée du crash d’un avion russe dans le Sinaï et pour lequel l’hypothèse est privilégiée, le tourisme égyptien est lui aussi confronté à une chute vertigineuse des visites.

Effondrement du tourisme tunisien

« Nous ne devons pas laisser ces incidents nous intimider. […] D’ici la fin de l’année, vous verrez que la tendance va s’inverser. Nous en sommes totalement convaincus », a encore clamé le secrétaire général de l’OMT.

Mais les chiffres fournis par la ministre tunisienne du Tourisme, Selma Rekki Elloumi, ne sont pas des plus encourageants. Depuis septembre, au moins « 70 hôtels » ont dû fermer provisoirement leurs portes depuis septembre en Tunisie en raison de la chute de la fréquentation, a-t-elle souligné. Selon les chiffres du ministère, le nombre de nuitées a en effet considérablement diminué :

Notre tourisme est « dans une situation critique », a renchéri le président de la Fédération tunisienne des agences de voyages, Mohamed Ali Toumi. Les autorités tunisiennes estiment que l’industrie touristique va perdre plus de 500 millions de dollars et deux millions de nuitées d’hôtel cette année. Depuis 2010, elles ont déjà sensiblement diminué, selon les chiffres du ministère :

Les médias critiqués 

Ce dernier a par ailleurs déploré des « excès » dans la couverture des attaques du Bardo et de Sousse. « Certains médias ont montré cet incident comme un événement quotidien en Tunisie » et cela « a eu un impact négatif sur l’image de la destination », a-t-il argué. « Dans certains cas, peut-être y a-t-il eu des images qui n’auraient pas dû être filmées […]. Certaines images étaient un peu choquantes », a ajouté la ministre tunisienne.

Le secrétaire général de l’OMT s’est de son côté montré plus nuancé sur la responsabilité des médias. « C’est vrai qu’ils ont une grande influence sur l’opinion mais dire qu’ils font partie du problème est une chose injuste », a-t-il fait valoir.

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