Économie

La BCEAO baisse ses taux

En raison de la révision à la baisse de la croissance dans la zone UEMOA, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest ramène son principal taux à 3%.

Mis à jour le 12 juin 2012 à 09:12

La BCEAO craint notamment les répercussions des crises au Mali et en Guinée-Bissau. © DR

Réunie le 11 juin à Dakar, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé d’abaisser d’un quart de point ses taux directeurs. Considérant que le risque inflationniste semblait désormais moins fort, avec un taux d’inflation à moyen terme estimé à 2%, l’autorité monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a justifié cette décision par l’abaissement du taux de croissance prévu dans la zone. Malgré la reprise rapide de l’économie ivoirienne, « des préoccupations existent en raison de l’impact des crises socio-politiques au Mali et en Guinée-Bissau ainsi que des incertitudes suscitées par l’environnement international », a indiqué la BCEAO dans un communiqué. Le taux de croissance réel du PIB de l’Union a été révisé à 5,3% en 2012 contre une prévision initiale de 6,4% effectuée en novembre dernier.

Invitation à l’assainissement des comptes publics

La baisse des taux directeurs prendra effet le 16 juin. En conséquence, le principal taux directeur (taux d’intérêt minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité) sera désormais fixé à 3%, contre 3,25% auparavant. La banque centrale a par ailleurs souligné « la nécessité pour les États membres de poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de mise en oeuvre des réformes structurelles. » Même si l’autorité monétaire n’a cité aucun pays en particulier, plusieurs États de la zone ont vu leurs comptes publics déraper ces derniers temps. C’est le cas notamment du Sénégal : au cours d’une visite récente, le Fonds monétaire international a estimé que le déficit public dans ce pays pourrait dépasser les 8% cette année.