Environnement

Togo – André Johnson : « Un recul de raison s’impose pour la réhabilitation des aires protégées à Mango »

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Mis à jour le 13 novembre 2015 à 13h39
Le ministre togolais de l'Environnement est critiqué après les affrontements meurtriers de Mango.

Le ministre togolais de l'Environnement est critiqué après les affrontements meurtriers de Mango. © DR

Après les affrontements meurtriers les 6,7 et 8 novembre à Mango (520 km au nord de Lomé) qui ont fait 5 morts et des dizaines de blessés, le gouvernement togolais a décidé de jouer la carte de l’apaisement. Le projet de renforcement de la conservation des aires protégées est suspendu, le temps de se concerter avec les populations. La cible de virulentes critiques, le ministre de l’Environnement s’explique et livre sa vision en matière de sauvegarde des ressources environnementales.

Jeune Afrique : Comment un simple projet de renforcement de la conservation des aires protégées a pu conduire à un tel déferlement de violences à Mango ?

André Johnson : Certainement en raison d’une lecture erronée de la réhabilitation des aires protégées. Car ce projet n’est pas dirigé contre les populations mais plutôt conçu pour créer des conditions favorables à un développement durable.

La situation ne pouvait-elle pas être anticipée au vu des contextes sociologique et historique de la région ?

Bien sûr, tout cela aurait pu être évité compte tenu des raisons sociologiques et historiques évoquées mais ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire des études et d’avoir approché les cadres du milieu. Un travail plus approfondi mérite d’être rapidement entrepris dans ce sens.

À trois semaines du coup d’envoi de la COP21 à Paris, le Togo aurait-il voulu montrer sa bonne volonté en relançant ce projet ?

Quand bien même les impacts positifs attendus de la mise en œuvre de ce projet participent de la lutte contre les changements climatiques, il est développé pour répondre aux exigences d’une autre convention adoptée par les Nations unies en 1992 notamment la Convention des Nations unies sur la Diversité biologique.

Le projet de Mango a été développé au moment où le pays se dotait de son Programme national d’investissement pour l’environnement et les ressources naturelles (PNIERN) et sa signature a eu lieu à la clôture de la table ronde des bailleurs du PNIERN, le 11 juin 2011.

Avec un bilan de 5 morts, des dizaines de blessés, quel est le sort qui sera réservé au projet ?

Un recul de raison s’impose, la stratégie d’approche revisitée pour permettre de mieux associer les populations, les rassurer et apporter des réponses claires à leurs préoccupations

Outre le renforcement de la conservation des aires protégées, quelles sont les contributions réelles du Togo aux efforts mondiaux en matière de préservation de l’environnement ?

Le Togo est partie prenante à plusieurs accords multilatéraux sur l’environnement. Je citerai le protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d’ozone (SAO). À ce sujet le pays a pu éliminer les gaz réfrigérants et propulseurs de première génération, notamment utilisés dans les aérosols et qui étaient connus pour leurs effets sur la couche d’ozone. Il a entamé l’élimination de ceux de deuxième génération que l’on appelle « hydrochlorofluorocarbures ». Mon nocifs que les gaz de première génération, ils ont un impact non-négligeable sur la couche d’ozone.

En matière des polluants organiques persistants, une situation de leurs stocks a été faite et avec le concours des partenaires il est envisagé très prochainement l’élimination des PolyChloroBiphényle (PCB) dans les équipements tels que les transformateurs électriques, les disjoncteurs et les condensateurs. Nous pouvons également citer les efforts de protection du milieu marin contre les pollutions d’origines diverses qui figurent en bonne place dans l’agenda du Haut conseil pour la mer.

Quels sont les efforts consentis par le Togo pour la COP 21 et quelles sont les attentes du pays ?

En prélude à la COP21 et conformément aux souhaits des instances de cette convention, le Togo a élaboré et soumis son document de contributions prévues, déterminées au niveau national. C’est un document qui évalue en termes chiffrés le niveau de réduction des quantités des gaz à effet de serre attendu d’ici à 2030.

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