Mines

RD Congo : ENRC sur la sellette

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Depuis 2009, ENRC a dépensé entre 1 et 2 milliards de dollars pour acquérir des actifs miniers en RD Congo.

Depuis 2009, ENRC a dépensé entre 1 et 2 milliards de dollars pour acquérir des actifs miniers en RD Congo. © ENRC

Quelques semaines après avoir mis en cause Glencore, l’ONG Global Witness s’attaque au groupe minier ENRC au sujet de plusieurs opérations d’acquisition en RD Congo.

« ENRC doit publiquement répondre aux préoccupations concernant les risques de corruption liés à son acquisition rapide d’actifs miniers en RD Congo ». Dans une lettre adressée aux actionnaire du groupe minier Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC), qui se réunissent aujourd’hui (12 juin) en assemblée générale, l’ONG Global Witness n’a pas mâché ses mots. Et mis en accusation ENRC comme elle l’avait fait quelques semaines plus tôt avec Glencore.

Auparavant essentiellement présent au Kazakhstan, ENRC s’est développé très rapidement dans l’État d’Afrique centrale, principalement au Katanga. En 2009, il a acheté pour 955 millions de dollars la Camec. L’année suivante, il a versé 175 millions de dollars pour prendre le contrôle d’une société opérant la mine de Kolwezi depuis l’expulsion forcée d’un autre groupe minier, First Quantum. Ce dernier avait alors attaqué à la fois ENRC et l’État congolais devant des tribunaux internationaux. Le conflit s’était soldé par un accord à l’amiable début 2012 : ENRC a versé 1,25 milliard de dollars à First Quantum en échange notamment de l’abandon des poursuites.

Collusion avec Dan Gertler

Dans un mémo adressé aux actionnaires, Global Witness cite également d’autres opérations, pour un total d’environ 2 milliards de dollars. « Toutes ces offres ont été réalisées en collusion apparente avec l’homme d’affaires controversé Dan Gertler, qui est un ami du président congolais Joseph Kabila », a ajouté Global Witness. Dan Gertler est le principal bénéficiaire de ces opérations d’acquisition.

L’ONG affirme avoir transmis mi-mai une série de questions détaillées sur ces opérations et, surtout, sur leurs bénéficiaires. Dan Gertler, de son côté, a affirmé via l’un de ses porte-paroles avoir proposé à Global Witness un audit indépendant sur les sociétés de son groupe, ce que l’ONG aurait refusé. Cette dernière a nié avoir reçu une telle proposition.

ENRC affiche plus de 7,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, pour 70 000 employés. Actif principalement en Asie, il a entamé depuis quelques années une diversification géographique qui l’a amené à se développer en Afrique, de la RD Congo-Zambie à l’Afrique du Sud, mais aussi au Mali.

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