Diplomatie

MEDays 2015 : le modèle rwandais et Paul Kagame à l’honneur

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Mis à jour le 09 novembre 2017 à 18h41
Le président rwandais Paul Kagamé à Oklahoma City, en 2006.

Le président rwandais Paul Kagamé à Oklahoma City, en 2006. © AP / Sipa

Les MEdays 2015 se sont ouverts mercredi à Tanger pour la 8e année consécutive. Invité d’honneur, le président rwandais Paul Kagamé y a reçu un accueil triomphal, lors d’une soirée d’inauguration où les pays participants ont affiché leur volonté d’une plus grande solidarité mutuelle.

« Bienvenue au grand leader africain ! Vous avez prouvé qu’à force de travail, il n’y a pas de nation maudite. » Ces paroles du fondateur des Medays, Brahim Fassi-Fihri, à l’attention de Paul Kagamé, ont marqué l’inauguration de la 8e édition du Forum du sud, mercredi 11 novembre au soir à Tanger. Invité vedette des MEdays, le président rwandais – seul chef d’état invité à avoir honoré de sa présence le forum – ne pouvait difficilement espérer meilleur accueil. Sa présence donnait à elle seule le ton de cette édition 2015, à savoir qu’à l’image du Rwanda, remis sur pied économiquement vingt ans après le génocide, « l’Afrique unie, peut s’en sortir seule ».

Toute la soirée d’ouverture, il n’aura donc été question que de ça, de co-émergence africaine, de partenariat sud-sud, avec la sempiternelle formule choc du « gagnant-gagnant ». Après de longs applaudissements, et la remise du grand prix MEDays au « leader le plus inspirant du continent africain », Paul Kagamé (visiblement touché par tant d’égards) n’avait plus qu’à dévoiler le secret de sa réussite.

« La paix est un état d’esprit, s’est-il écrié, il faut être responsable lorsqu’on dirige un pays, une croissance doit être inclusive. C’est comme ça qu’on obtient le retour de la dignité ». Toujours fidèle à son discours anti-colonialiste, le président rwandais n’a une nouvelle fois pas été avare de critiques vis-à-vis des grandes puissances, et sans la citer, de la France. « La sagesse n’est le monopole d’aucun pays », s’est exclamé Paul Kagamé avant de décocher un peu plus loin ses flèches les plus affûtées.

« Un nouvel ordre mondial solidaire »

« Vous les Marocains, vous avez dû faire face à la négation de votre identité, et vous avez su garder quand-même cette identité en restant fiers et fidèles à vous même. » Et l’homme aux petites lunettes ovales de prendre soudainement des allures de Kwame Nkrumah, le premier président ghanéen et chantre de l’unité africaine qui, en 1963, avait lancé l’idée d’un programme économique et industriel unifié et commun pour l’Afrique. « Si le Sud avait un message à faire passer au Nord, c’est qu’on doit apprendre à travailler les uns avec les autres, et non les uns contre les autres. Non, les barrières contre les migrants ne sont pas une solution. Nous pouvons construire ensemble un nouvel ordre mondial solidaire ».

Juste après Kagamé, le représentant de la république populaire de Chine, Ma Biao, venu discourir longuement de l’état des bonnes relations économiques sino-africaines, en égrenant tout le savoir-faire industriel chinois, semblait légèrement hors sujet. Car l’un des thèmes les plus attendus du sommet est le développement du « made in Africa ». Et le Maroc, dans sa stratégie de développement continental, compte bien profiter de l’événement pour démontrer qu’il se positionne désormais comme « l’un des lions africains de l’arène mondiale », selon l’expression de Brahim Fassi-Fihri.

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