Politique

Tunisie : démission de 31 députés du bloc parlementaire de Nidaa Tounes

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Mis à jour le 10 novembre 2015 à 10:38

Mohsen Marzouk et Hafedh Caïd Essebsi. © Sofia Barakat pour J.A. / AFP / Montage J.A.

Trente et un députés de Nidaa Tounes sur 86 ont annoncé lundi leur démission du bloc parlementaire du parti fondé par le président Béji Caïd Essebsi, secoué par une profonde crise de succession.

Les députés concernés sont tous proches du secrétaire général de Nidaa Tounes, Mohsen Marzouk. Celui-ci est au cœur de la « bataille de succession qui mine le parti depuis des mois et qui l’oppose au fils chef de l’État, Hafedh Caïd Essebsi.

« Nous sommes contraints de démissionner du bloc parlementaire comme un premier pas dans notre défense de la démocratie et de la crédibilité du travail parlementaire », a expliqué lundi 9 novembre à la presse la députée Hajer Laaroussi. Et « malgré cette décision et la complexité de la situation », les 31 députés proches de Marzouk, tendent encore leurs mains « pour le dialogue et les réformes », affirment-ils dans un communiqué.

Les démissionnaires continueront cependant dans leur rôle de députés « pour défendre le projet de Nidaa Tounes et pour soutenir le gouvernement », a indiqué de son côté à l’AFP, la députée Bochra Belhaj Hmida.

Un parti affaibli

L’animosité entre les clans Marzouk et Essebsi est montée d’un cran fin octobre avec des accusations de violence lors d’une réunion du bureau exécutif.

Affaibli par l’éloignement de son fondateur Béji Caïd Essebsi, 88 ans, premier président démocratiquement élu de Tunisie, Nidaa Tounes occupe 86 sièges au Parlement. La division de la première formation politique à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) remet profondément en cause les équilibres politiques du pays.