Politique

Guinée : une mutinerie à la prison civile de Conakry fait une dizaine de blessés

Une mutinerie a éclaté lundi à la prison civile de Conakry, faisant au moins une dizaine de blessés parmi les prisonniers et les gardiens. Les autorités guinéennes ont repris le contrôle de l’établissement dans l’après-midi.

Par
Mis à jour le 10 novembre 2015 à 11:10

Un prisonnier à Conakry, le 9 novembre 2015. © AFP/Cellou Binani

Dans un communiqué rendu public lundi 9 novembre en fin d’après-midi, le gouvernement a affirmé que le mouvement de mutinerie était parti d’une « tentative d’évasion de certains détenus » de la prison civile de Conakry. « C’est aux alentours de 09h30 (locales et GMT) que des mouvements et des coups de feu ont été enregistrés, provoquant une réaction prompte et vigoureuse des services de sécurité », selon le texte, assurant que « l’événement a fait quelques blessés légers mais [que] la situation est actuellement sous contrôle ».

Un garde pénitentiaire a fait état d’un bilan de 13 blessés parmi les détenus.

« Il y a eu un mouvement de mécontentement au niveau de la population carcérale ici à Conakry et ce mouvement a été suivi d’une tentative d’évasion, parce que certains prisonniers ont voulu profiter de ce mouvement de mécontentement pour prendre le large », a confirmé à l’AFP le porte-parole du ministère de la Justice, Ibrahima Béavogui.

« Des centaines de prisonniers se sont mutinés contre le régisseur de la prison Moriba Sylla très décrié par la population carcérale », a indiqué à l’AFP une source au sein de la Sûreté urbaine de Conakry.

« Les prisonniers étaient pendant un bon moment les maîtres de la prison »

Un dispositif impressionnant de centaines de policiers et de gendarmes a été déployé autour et à l’intérieur de la prison, d’où des coups de feu ont été entendus pendant au moins deux heures, selon les constatations de l’AFP et des témoins. « Les prisonniers étaient pendant un bon moment les maîtres de la prison », a reconnu le porte-parole.

« Il y a eu beaucoup de dégâts matériels au niveau de la prison, beaucoup de prisonniers ont tenté de s’enfuir, certains ont réussi, d’autres non », a-t-il déclaré, ajoutant avoir eu connaissance de « beaucoup de blessés » mais dont il ignore « le nombre dans les deux camps ».

La mutinerie a provoqué des scènes de panique dans les quartier voisins de Coronthie et Sans Fil, selon des témoins et des sources policières.

Selon Ibrahima Béavogui, « le procureur général a ouvert une information judiciaire pour savoir ce qui s’est réellement passé ».