Économie

Londres : Dangote vise 40 milliards de dollars

Remettant sur le devant de la scène l’introduction de Dangote Cement à la Bourse de Londres, Aliko Dangote annonce viser une capitalisation comprise entre 35 et 40 milliards de dollars. Plus de trois fois celle de Lafarge.

Mis à jour le 18 juin 2012 à 10:06

Annoncée une première fois en 2010, l’introduction sur la bourse londonienne de Dangote Cement, l’une des principales filiales du groupe nigérian Dangote, est à nouveau d’actualité. Selon les indications données récemment par Aliko Dangote dans un entretien à Reuters, elle devrait avoir lieu au premier trimestre 2013. L’objectif est d’atteindre au cours de cette opération une capitalisation boursière comprise entre 35 et 40 milliards de dollars environ, sans augmentation de capital. Un niveau qui valoriserait le groupe cimentier numéro un au Nigeria – et en plein développement panafricain – à un niveau très nettement supérieur à ceux atteints par ses concurrents internationaux : la capitalisation du français Lafarge tourne en effet autour de 11 milliards de dollars, celle du suisse Holcim tutoie les 20 milliards tandis que celles du mexicain Cemex et de l’allemand Heidelberg sont en-dessous des 10 milliards.

De fortes incertitudes

Cotée sur la bourse du Nigeria depuis la fin de l’année 2010, Dangote Cement vaut aujourd’hui un peu moins de 12 milliards de dollars (la principale capitalisation en Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud). Mais le groupe a plusieurs avantages sur ses concurrents : il est engagé dans une politique de développement panafricain qui devrait lui permettre d’atteindre une capacité d’environ 50 millions de tonnes par an en 2015-2016 contre 28 millions aujourd’hui ; sa rentabilité est très supérieure à celle de ses concurrents avec une marge d’Ebitda de 57% contre moins de 20% pour ses compétiteurs internationaux ; son statut de producteur émergent pourrait lui valoir une forte prime en cas d’introduction à Londres où les valeurs du sud ont la cote.

Les dernières évaluations d’analystes financiers ne poussent toutefois guère à l’optimisme. Ni le courtier nigérian Vetiva, ni la banque d’affaires panafricaine Renaissance Capital ni le londonien Exotix n’attribuent au titre une valeur supérieure à 130-150 nairas, contre 108 nairas aujourd’hui. Impliquant une capitalisation espérée de 15 milliards de dollars au mieux… « Le niveau d’incertitude qui entoure nos prévisions concernant l’expansion panafricaine et le manque d’indications détaillées sur la rentabilité de ses opérations en Afrique subsaharienne nous amènent à être plus prudents sur le titre », expliquaient il y a quelques mois les équipes de recherche d’Exotix. Un point de vue partagé par la plupart des analystes qui rappellent aussi que, pour l’instant, Dangote Cement n’a pas rencontré le succès escompté sur la Bourse du Nigeria : à 108 nairas, le cimentier est en effet toujours très nettement en-dessous de son cours d’introduction (120 nairas).