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Fred Swaniker : « Le secteur privé peut aider l’Afrique à entrer dans l’économie mondiale du savoir »

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Pour Fred Swaniker, co-fondateur de l'African Leadership Academy, en alliant innovations pédagogiques et nouvelles technologies, le secteur privé peut contribuer à révolutionner l'enseignement sur le continent.

Au moment où le monde entier progresse vers une économie généralisée de la connaissance, l’Afrique court le risque de la stagnation, voire du déclin.

Depuis le lancement des OMD, le taux net de scolarisation dans le primaire en Afrique subsaharienne a nettement progressé et se situe un peu en dessous de 80 %.

Pourtant, privés des financements dont bénéficie l’enseignement primaire, les établissements du secondaire et du supérieur ont vu leur nombre de places augmenter très lentement.

Chaque année, des millions d’enfants dans toute l’Afrique sortent de l’école primaire sans être en mesure de poursuivre ailleurs leur éducation. La scolarisation dans le secondaire au sud du Sahara continue de stagner aux alentours de 36 %, tandis que dans l’enseignement supérieur demeure à 8 % seulement.

Par ses investissements dans l’enseignement secondaire et l’université, le secteur privé a la possibilité de remédier, au moins en partie, aux problèmes qui se posent à l’Afrique en matière d’éducation, notamment par le recours aux nouvelles technologies.

Ce texte est adapté d’une tribune de Fred Swaniker publiée par Secteur Privé & développement, le blog de Proparco, filiale de l’Agence française de développement. Il est repris ici avec l’autorisation expresse de SP&D. Retrouvez sur le site de SP&D la version complète de ce témoignage et de nombreuses contributions d’acteurs du secteur privé sur leurs réponses aux problématiques des pays en développement.

Innovation technologique

Utilisée à bon escient, l’innovation technologique peut en effet contribuer à élever le niveau général à toutes les étapes de la scolarité, tout en réduisant les coûts.

Avec plus de 100 000 étudiants au Kenya, le modèle développé par le réseau Bridge International Academies, et baptisé Academy-in-a-Box (que l’on pourrait traduire par « l’école tout en un »), traite toutes les démarches administratives liées à la scolarité, y compris la gestion des budgets et des inscriptions, via une application sur smartphone. Les contenus académiques et la formation des professeurs sont eux aussi mis à disposition sur les tablettes électroniques portables remises au corps enseignant.

Au Ghana, le réseau éducatif Omega, qui compte actuellement 20 000 étudiants, a adopté un dispositif analogue. Il utilise des programmes d’enseignement normalisés qu’il combine avec un système innovant d’utilisation à la carte, fondé sur une facturation à la journée de 0,75 dollar, comprenant le prix du déjeuner, un uniforme, un sac à dos et des manuels scolaires.

Le réseau SPARK, en Afrique de Sud, opère actuellement quatre écoles à Johannesburg, combinant l’enseignement « présentiel » et l’enseignement à distance. Les étudiants alternent des cours classiques d’apprentissage de la lecture, des langues et des mathématiques avec des sessions quotidiennes de 90 minutes dans un laboratoire informatique, où ils travaillent sur des logiciels d’entraînement aux maths et à la lecture. Cela réduit la charge d’enseignement des professeurs, tout en maximisant pour les élèves les opportunités d’acquisition des connaissances.

Meilleur parti

Les cas évoqués plus haut montrent bien que des initiatives sont d’ores et déjà à l’œuvre pour tirer le meilleur parti de la technologie et offrir à l’Afrique un enseignement secondaire de qualité, à un coût réduit.

Les exemples sont en revanche nettement moins nombreux en matière d’enseignement supérieur.

On peut citer parmi eux celui de l’African Leadership University (ALU), une initiative récente qui vise à bâtir, sur tout le continent, vingt-cinq universités, dont chacune pourra inscrire jusqu’à 10 000 étudiants. Pour le lancement de son premier campus, à la rentrée 2015, le cursus académique sera alimenté et enrichi par quelques-unes des meilleures universités au monde, des entreprises partenaires et divers organismes de recherche.

Ce dispositif sera complété par l’intervention sur place d’animateurs qui disposeront d’outils leur permettant de déterminer, semaine après semaine, ce que les étudiants assimilent et ce qui, au contraire, leur pose problème, pour permettre aux formateurs d’adapter leur enseignement en conséquence.

Moment charnière

Il est aujourd’hui essentiel de compléter et d’ajuster le modèle occidental d’enseignement supérieur par des approches innovantes, adaptées au contexte africain et adopter une approche analogue à celle qu’a employée le secteur de la téléphonie : les opérateurs africains ont sauté l’étape du téléphone fixe et ont directement obtenu l’un des plus forts taux de pénétration du mobile au monde.

Les investisseurs se trouvent aujourd’hui à un moment charnière de l’histoire : comme ceux qui, les premiers, ont compris les promesses que recelait le développement du téléphone mobile dans l’Afrique de la fin des années 1990, ils se voient offrir une belle opportunité d’apporter une réponse – nécessaire – à un problème sociétal prioritaire, tout en dégageant une excellente rentabilité de leur investissement.

Le Brésil a montré que c’était possible. Le groupe d’enseignement privé Kroton forme aujourd’hui un million et demi d’étudiants brésiliens à un coût modéré, par l’utilisation judicieuse des nouvelles technologies et par la combinaison de cours dispensés sur ses campus et de cours en ligne. Son chiffre d’affaires annuel avoisine les 2 milliards de dollars, tandis que sa capitalisation boursière atteint 8 milliards de dollars ; les performances boursières enregistrées ces derniers temps par l’entreprise comptent parmi les meilleures de l’indice brésilien.

Investir dans l’avenir de la jeunesse africaine n’a jamais été plus important qu’aujourd’hui, et le secteur privé est idéalement positionné pour faire entrer l’Afrique dans l’économie mondiale du savoir, en libérant le potentiel de cette jeunesse africaine pleine de promesses. Non seulement les investisseurs peuvent, ce faisant, enregistrer d’excellentes performances financières, mais ils peuvent aussi changer, à jamais, le destin d’un continent tout entier.

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| Institutions-ONG
L’Organisation des Nations Unies est à la recherche d’un(e) responsable expérimenté(e) et dynamique pour rejoindre le Bureau de l’informatique et des communications (OICT) en tant que Chef(fe), Spécialiste de l’information et de la Technologie (CITO). Le rôle du CITO est de faciliter le succès d’un Secrétariat des Nations Unies dynamique et décentralisé grâce à des technologies numériques de soutien. Le CITO est un poste de Sous-Secrétaire général. Le CITO définira la direction de la stratégie technologique et travaillera en étroite collaboration avec d’autres entités au sein du Secrétariat de l’ONU pour s’assurer qu’ils disposent des outils et du soutien nécessaire pour mener à bien leurs mandats respectifs. Siégeant au sein du Secrétariat des Nations Unies à New York, le Bureau de l’informatique et des communications se concentre sur l’amélioration stratégique de long terme dans l’ensemble du Secrétariat et de l’ONU, grâce aux applications d’entreprise ; aux nouvelles technologies et à l’innovation; à la gestion et au développement efficace de ses infrastructures globales ; au renforcement de la sécurité de l’information; au cadre de gestion de projet ; à la gouvernance technologique; et à la mise en place de politiques, d’architecture et de normes. Le(la) candidat(e) idéal(e) est un(e) chef(fe) de file en informatique et dans les affaires, qui possède une perspective globale et une expérience reconnue de la conduite de programme technologique dans un environnement complexe. Cette personne aura précédemment mené une transformation réussie et une amélioration continue de l’infrastructure technologique. Le rôle nécessite un(e) visionnaire et un(e) leader capable de travailler dans le cadre de l’ONU et d’établir un consensus autour des priorités technologiques afin de fournir des solutions efficaces. Les candidatures doivent inclure un curriculum vitae et doivent être envoyées par courrier électronique à dos-ousg@un.org avant le 18 décembre 2020. Les Nations Unies sont attachées à la diversité au sein de son personnel et encourage les candidatures de tous candidats qualifiés. Les femmes sont fortement encouragées à présenter leur candidature. Pour plus d’informations sur ce poste, visitez : http://www.un.org/sg/vacancies UN
2020-11-25 09:15:57
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Sénégal

| Audit-Conseil

EVALUATION DU PROCESSUS ELECTORAL AU SENEGAL

I - MISSION DE L’EQUIPE D’EVALUATEURS Mission de l’équipe : Une équipe de 07 experts composée de: un chef de mission, un expert juridique, un expert spécialiste en base de données et en biométrie, un expert en opérations électorales, un démographe statisticien, et deux experts spécialistes dans les enquêtes de terrain. Une maîtrise parfaite de la langue française, aussi bien écrite qu’orale, est indispensable. II - PROFIL DES EVALUATEURS ☞ Un Expert Electoral Principal, Chef de Mission Rôle : Coordination de l’équipe et synthèse des rapports des autres experts. ☞ Un Expert en biométrie et en base de données : Rôle : Il assurera la revue technologique des systèmes (Enrôlement, Cartes, Biométrie, AFIS etc) et il élaborera le rapport sur la technologie électorale utilisée. ☞ Un Expert en opérations électorales Rôle : Il élabore le rapport sur les opérations préélectorales (les procédures mises en œuvre dans les Commissions administratives d’inscription, dans les Commissions de distribution des cartes d’électeur, la prise en charge du contentieux et la production des listes électorales définitives. ☞ Un Expert juridique Rôle : Il élaborera le rapport juridique relatif au code électoral incluant à la fois le cadre légal et le cadre réglementaire de l’organisation et de la conduite des processus d’inscription des électeurs au Sénégal. ☞ Un Expert démographe statisticien Rôle : Il participe à l’élaboration du rapport de synthèse en apportant les résultats des études sur les fichiers nationaux de la population et sur la comparaison entre différentes bases de données ☞ Deux enquêteurs sénégalais à cause de la nécessité de parler au moins une langue nationale pour les enquêtes de terrain III – FORMATION et EXPERIENCE REQUISES Le détail des Termes de Référence de la mission – notamment le profil de formation et d’expérience de chaque expert ainsi que le budget plafond – figure dans le fichier en suivant le lien ci-après : LIEN : https://bit.ly/38W2kmF Le budget indicatif est indiqué dans les TDR. Ce budget inclus les frais d’hébergement et de déplacement, les per diem et les honoraires pour 90 jours calendaires de mission. Les billets d’avion éventuels seront remboursés. Le chef de mission assume et garantit la disponibilité de tous les experts de l’équipe durant la mission jusqu’à la tenue de l’atelier de restitution aux différents acteurs. Les offres pour chaque équipe doivent être déposées par voie électronique à l’adresse mail suivante au plus tard le 12 décembre 2020 : recrute.elections@gmail.com . Evaluateurs
2020-11-23 10:26:42
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Sénégal

| Audit-Conseil

AUDIT DU FICHIER ELECTORAL DU SENEGAL

I – PROFIL des AUDITEURS : UNE EQUIPE composée de : - UN EXPERT LEGAL / Chef de Mission - TROIS (3) EXPERTS : BIOMETRIE DE FICHIER ELECTORAL, SPECIALISTE DE SYSTEMES D’INFORMATION et STATISTICIEN DEMOGRAPHE Informations sur les postes de l’Equipe : Un expert légal / Chef de mission pour une étude sur le cadre légal et une analyse comparative des standards internationaux. Il assure la coordination des experts de l’audit du fichier électoral. Trois experts pour l’audit du fichier électoral, dont 1 expert en biométrie électorale, 1 expert en systèmes d’information, et 1 expert statisticien démographe. Une maîtrise parfaite de la langue française, aussi bien écrite qu’orale, est indispensable Lieu d’affectation : Dakar, Sénégal II - MISSION Résultats attendus de la Mission : • Un rapport d’ensemble de la mission d'audit avec une note de synthèse est élaboré, maximum 90 jours après le commencement des travaux. • Un atelier de restitution du rapport d’audit est organisé en présence des différents acteurs du processus électoral, maximum 120 jours après le commencement des travaux. Objectifs spécifiques de l’Audit du Fichier Electoral :  faire la revue du cadre légal et réglementaire ;  faire la revue de la chaîne d'inscription des électeurs ;  procéder aux examens nécessaires du fichier électoral ;  examiner l'adéquation technologique ;  analyser l'adéquation des procédures et identification des ajustements à réaliser ;  analyser l'adéquation des ressources humaines et identifier les gaps de compétence et des besoins supplémentaires ;  examiner les anomalies constatées par les acteurs ;  proposer des mesures pour corriger les anomalies constatées. Le Comité de suivi de la commission politique est informé de toutes les étapes de l’audit du fichier électoral pour faire apporter au besoin les redressements nécessaires à la bonne marche de la mission. III – FORMATION et EXPERIENCE REQUISES Le détail des Termes de Référence de la mission – notamment le profil de formation et d’expérience de chaque expert ainsi que le budget plafond – figure dans le fichier en suivant le lien ci-après  LIEN : https://bit.ly/3kJnC9k Le budget indicatif est indiqué dans les TDR. Ce budget inclus les frais d’hébergement et de déplacement, les per diem et les honoraires de la mission. Les billets d’avion éventuels sont pris en charge. Le chef de mission assume et garantit la disponibilité de tous les experts de l’équipe durant la mission jusqu’à la tenue de l’atelier de restitution aux différents acteurs. Les offres doivent être déposées par voie électronique à l’adresse mail suivante au plus tard le 12 décembre 2020 : recrute.elections@gmail.com .
2020-11-20 13:18:55
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