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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun sort de ses frontières»

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Économie

Bourse : Douala défie Libreville

Avec trois sociétés cotées et une succession d'émissions obligataires prévues cette année, la place financière camerounaise est bien décidée à s'imposer face à sa rivale gabonaise.

Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) avaient donné leur feu vert en 2010. Mais depuis, le rapprochement entre la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC, active depuis 2008 et basée à Libreville, au Gabon) et sa rivale camerounaise, le Douala Stock Exchange (DSX, qui a démarré ses activités en 2006), est au point mort. Le Cameroun et le Gabon se livrent une silencieuse guerre de leadership pour accueillir l’entité régionale censée naître de cette fusion.

L’État compte mobiliser 434,5 millions d’euros au Douala Stock Exchange en 2012.

Depuis fin 2011, les deux parties ont entamé des concertations sous les auspices de la Banque africaine de développement (BAD), appelée à la rescousse par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) pour débloquer la situation. Les travaux de la BAD ont permis de dégager deux options. La première préconise le maintien des deux Bourses, avec une spécialisation de Libreville dans la cotation de titres obligataires et de Douala dans celle des actions. La deuxième piste propose de déplacer le siège de la Bourse régionale à Douala, en créant des antennes nationales dans chacun des six pays membres de la Cemac, et d’installer le siège de la Cosumaf à Libreville.

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« Il est évident que cette dernière option est celle à laquelle nous adhérons, car elle est politiquement plus équilibrée », indique un cadre de la Bourse de Douala, pour lequel nombre d’arguments plaident en faveur d’une centralisation des cotations au DSX. À l’instar de la Côte d’Ivoire, qui abrite le siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) en Afrique de l’Ouest, le Cameroun est le poids lourd économique de la sous-région. Avec 21 millions d’habitants, il représente près de la moitié de la population et quelque 30 % du PIB de la Cemac, ainsi qu’environ 45 % des crédits octroyés par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Il constitue l’une des principales portes d’entrée des investissements dans la sous-région, une grande partie des marchandises à destination de l’hinterland (Tchad et Centrafrique) transitant par le port de Douala. « Le tissu économique et industriel au Cameroun de même que le secteur privé sont, de fait, parmi les plus dynamiques de la sous-région », poursuit le cadre du DSX.

Avalisé en 2010, le rapprochement entre les deux Bourses régionales est au point mort.

Au-delà de ce constat, les défenseurs de la place financière camerounaise, dont la capitalisation boursière tourne actuellement autour de 350 milliards de F CFA (533,6 millions d’euros), estiment qu’elle est surtout mieux structurée que sa rivale de Libreville. Alors qu’à la BVMAC, seul le compartiment obligataire est actif (l’introduction d’une société privée est cependant prévue pour le troisième trimestre de 2012), le DSX dispose en plus d’un compartiment actions, avec trois entreprises cotées – la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam), la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC) et la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm). « Entre mars 2011 et février 2012, environ 4 millions de titres ont été échangés au Douala Stock Exchange, pour un montant global de 40 milliards de F CFA, ce qui représente un taux de rotation d’environ 30 % », précise un courtier, estimant qu’il s’agit là d’un résultat honorable.

Pour permettre au DSX de peser encore un peu plus face à sa concurrente de Libreville, qui elle aussi s’active (la BVMAC s’est recapitalisée à hauteur de 3 milliards de F CFA fin 2011), les autorités camerounaises multiplient les émissions obligataires. Sur la seule année 2012, 285 milliards de F CFA doivent être mobilisés au DSX par l’État camerounais, dont 20 milliards de F CFA ont déjà été levés en février pour financer les projets d’infrastructures.

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