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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun sort de ses frontières»

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Économie

Cameroun : mettre les voisins sous tension

Seulement 6 % des ressources hydroélectriques sont exploitées (ici à Lagdo), mais elles fournissent 95 % de la production. © Renaud Vandermeeren/Jaguar

Le Cameroun veut devenir l'un des principaux exportateurs d'électricité du continent alors qu'il peine encore à couvrir ses besoins. Pourtant, la mission ne semble pas impossible.

Devenir l’un des principaux exportateurs d’électricité sur le continent : l’objectif est lointain – pour le moment, la production des centrales camerounaises ne suffit pas à satisfaire la demande nationale. Mais il ne semble plus inaccessible, si Yaoundé continue de mettre les bouchées doubles pour boucler les chantiers en cours et trouver des financements, publics et privés, pour les projets prioritaires identifiés dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) 2010-2020.

Le coût global de la réalisation des infrastructures de production et de transport d’électricité est estimé à plus de 5 850 milliards de F CFA (près de 9 milliards d’euros) sur dix ans, auxquels s’ajoutent 663 milliards de F CFA pour le programme d’électrification rurale. Mais la vétusté, la saturation et le manque d’interconnexions des infrastructures existantes freinaient à tel point le démarrage de la politique industrielle et de diversification engagée par le gouvernement que ce dernier n’avait plus d’autre choix.

Un programme coûteux, mais indispensable à la politique industrielle du gouvernement.

Son plan énergétique vise à résorber le déficit du pays (40 GWh par an) pour porter la puissance installée à 5 000 MW d’ici à 2020 (contre 1 337 MW actuellement) et répondre à la forte croissance prévisionnelle de la consommation des ménages et des industriels. Le second objectif, qui a d’ailleurs permis de mobiliser un peu plus les partenaires régionaux et internationaux, est d’exporter les excédents.

Premiers clients

Le Cameroun dispose du deuxième potentiel hydroélectrique du continent (après la RD Congo), estimé à 20 GW. Si à peine 6 % de ces ressources sont exploitées, elles fournissent déjà la plus grande partie de son électricité (95 %) et en font le plus important producteur de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), dont seuls 35 % des 40 millions d’habitants ont accès à l’électricité. Les besoins de la sous-région sont estimés à 13 000 MW par an et augmentent au rythme de la croissance économique.

Parmi les premiers clients sur les rangs figure le Tchad, avec une puissance installée de 245 MW et un taux d’accès à l’électricité inférieur à 3 %. Mais aussi le géant nigérian, qui ne dispose que de 3 000 MW de puissance installée (quinze fois moins que l’Afrique du Sud, pourtant trois fois moins peuplée). Le Cameroun veut donc valoriser son potentiel pour approvisionner ses voisins.

L’opérateur AES-Sonel (dont le capital est détenu à 56 % par le groupe américain AES et à 44 % par l’État camerounais) investit ainsi massivement pour augmenter ses capacités, en mettant à niveau les complexes existants et en diversifiant la production via la construction de centrales thermiques. Une option qui présente l’avantage de maintenir les niveaux de production en cas d’aléas climatiques, mais aussi de nécessiter des investissements et des chantiers beaucoup moins lourds que les complexes hydroélectriques. Dans la course contre la montre engagée par le pays, c’est un aspect non négligeable.

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