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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun sort de ses frontières»

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Économie

Tradex : un lion dans le moteur

L'entreprise compte 32 stations, contre 145 pour Total et 70 pour MRS Corlay. © Baudouin Mouanda pour JA

Spécialiste de l'import-export, Tradex s'est converti à la distribution. En cinq ans, il est devenu le troisième réseau national et s'apprête à ouvrir des points de vente au Tchad.

Difficile de rouler dans les rues de Douala ou de Yaoundé sans passer devant une station Tradex. En cinq ans, la société s’est hissée au rang de troisième distributeur de carburants du pays (après Total et MRS Corlay), avec 14 % du marché et 113 millions de litres distribués en 2011, en hausse de 15,2 % par rapport à 2010 – la plus forte progression enregistrée dans le secteur. Débarqué dans la distribution des produits blancs (essence, gazole, kérosène) en 2006, l’opérateur n’a donc pas mis longtemps à dépasser l’objectif que lui avaient alors fixé ses dirigeants : « compter parmi les cinq principaux fournisseurs du pays », rappelle son directeur de la communication, Jean-Paul Tchomdou.

Spécialiste du négoce et de l’import-export de brut et de produits pétroliers, créé en 1999 par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour approvisionner les marchés tchadien et centrafricain, Tradex s’est progressivement désengagé de son coeur de métier après l’annonce du projet de construction de la raffinerie tchadienne, au moment où la flambée des prix du pétrole poussait les multinationales à quitter la distribution. Tradex a alors décidé de suivre le chemin inverse, « persuadé qu’il y avait des places à prendre », explique Jean-Paul Tchomdou.

Bien situées

Avec la flambée des prix, les majors ont quitté l’activité. La société a suivi le chemin inverse.

Avec raison, puisque les activités de distribution ont représenté 85 % des 175 millions d’euros de chiffre d’affaires enregistrés par la société en 2011. Un résultat qui laisse rêveur, alors que la compagnie ne dispose que de 32 points de vente, contre 145 pour Total et 70 chez MRS Corlay. « Nos stations sont stratégiquement situées, là où les autres ne sont pas », explique le directeur de la communication de Tradex, qui – de bonne guerre – insiste aussi sur la qualité des services et des carburants proposés. En tout cas, la formule, apparemment gagnante, va être étendue. Le distributeur prévoit d’ouvrir sept nouvelles stations au Cameroun cette année, tout en démarrant ses activités au Tchad. Tradex a par ailleurs signé, en avril, un contrat de partenariat avec Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) pour la fourniture de carburant (Jet A1 Fuel) à la compagnie nationale. Après avoir lancé sa propre gamme de lubrifiants en 2010, l’entreprise compte aussi poursuivre sa diversification et suit de très près le dossier gazier.

Pleins gaz

Projet d’usine de liquéfaction, nouveau code sectoriel… Le Cameroun se décide à tirer profit de ses réserves.

Aujourd’hui, le Cameroun importe 70 % de sa consommation de gaz. Avant 2030, il devrait non seulement être autosuffisant, mais aussi avoir rejoint le club des pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL). Sur le complexe industrialo-portuaire de Kribi, Cameroon LNG, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de GDF Suez, prépare l’implantation d’une usine de production de gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour le marché domestique et de GNL pour l’export.

« L’heure est à la valorisation », explique Tanguy Moulin-Fournier, directeur des relations extérieures à Yaoundé pour l’opérateur français. Après en avoir torché près de 30 milliards de m³ en trente ans, le Cameroun est donc décidé à promouvoir son gaz (dont les réserves prouvées sont de 160 milliards de m³). Il a adopté en avril un nouveau code gazier qui encadre le transport, la distribution, la vente et l’exportation du gaz et de ses dérivés autour de deux grands axes : le caractère prioritaire des besoins énergétiques locaux et le soutien aux investisseurs internationaux par une série d’exonérations fiscales. « Le document renforce le rôle d’arbitre des pouvoirs publics », estime un observateur, afin que le Cameroun passe dans les meilleures conditions « du risque gaz à l’opportunité gaz ». O.C.

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