Économie

Doing Business 2016 : bien classé, le Maroc peut encore mieux faire

Sixième sur le continent et dans la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA), le Maroc progresse de cinq places dans la nouvelle édition du rapport Doing Business de la Banque mondiale. Le royaume enregistre néanmoins des contre-performances dans des domaines clés. Décryptage.

Mis à jour le 30 octobre 2015 à 08:58

Vue de Casablanca, première métropole économique du Maroc. © DR

C’est un bilan du climat des affaires en demi-teinte au Maroc que révèle le classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale : le royaume avance de cinq places et passe au 75e rang dans ce document qui analyse la facilité d’entreprendre des affaires dans 189 économies, mais dans la région MENA, il se classe seulement 6e.

Le Maroc se classe également un rang derrière la Tunisie (74e) qui, malgré un climat sécuritaire très tendu, conserve sa première place au Maghreb.

En 2011, le royaume avait bondi de 21 places avant, dans le rapport 2014, d’atteindre son meilleur rang en décrochant la 68e place.

Dans la nouvelle édition du Doing Business, le Maroc se distingue dans certains domaines comme la facilité à être raccordé à l’électricité (55e, +1), à créer une entreprise (43e, +9), et à obtenir un permis de construire (29e, -3).

Performances

Mais ses notes sont pourtant particulièrement en dessous de sa moyenne dans quatre domaines : l’obtention de prêts bancaires (109e, -4), la protection des investisseurs minoritaires (105e) et les formalités pour le commerce transfrontalier (102e). Le plus mauvais classement concerne le règlement de l’insolvabilité, un rang inchangé depuis 2015 : le Maroc reste 130e.

Indicateurs positifs

Pour Wassini Arrassan, chef économiste de la banque d’affaires marocaine Capital Gestion Group, ces résultats sont à relativiser : « L’environnement des affaires est toujours à parfaire et le Maroc a déjà beaucoup fait en ce sens, mais il faut redoubler pour monter en gamme. Toutefois, les données du rapport ne donnent pas une idée complète de la réalité. Elles doivent être rapprochés des indicateurs macroéconomiques qui sont eux tous très positifs : balance commerciale, flux d’IDE etc. »

Le Maroc se classe par exemple au 5e rang africain et reste leader au Maghreb dans le dernier classement mondial sur la compétitivité établi par le Forum économique mondial (WEF). La place financière de Casablanca est également l’une des mieux classées au monde, dans le rapport Global Financial Center Index. Casa est deuxième en Afrique entre Johannesburg et Maurice. La place marocaine surclasse plusieurs centres européens tels que Dublin, Monaco, Bruxelles et Madrid.