Agroalimentaire

Suneor : l’État et Advens acceptent le principe d’une séparation

Production d'arachide vers Kaolack. © Jacques DU SORDET - Editions du Jaguar

Selon l'Agence de presse sénégalaise (APS) citant un ministre, l'actionnaire majoritaire de la société arachidière Suneor, Advens, aurait accepté de se séparer de sa filiale acquise en 2005. Des discussions avec des nouveaux repreneurs sont annoncés.

Après avoir bloqué en début d’année un accord avec le leader français des huiles Avril (ex Sofiproteol), l’Etat sénégalais se serait mis d’accord avec Advens, actionnaire majoritaire de la société arachidière Suneor, pour que ce dernier sorte du capital. ’Nous avons convenu de nous séparer à l’amiable. Le compagnonnage s’est achevé. Des discussions sont en cours pour déterminer les modalités pratiques de séparation’’, a expliqué Amadou Ba, cité par APS. Le ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan s’exprimait, lundi 26 octobre en fin de journée, au sortir d’une séance de travail avec le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne et le président du conseil d’administration d’Advens et de Suneor Abbas Jaber.

Ce dernier n’était pas joignable au moment où nous publions cet article.

’’Nous avions plusieurs options depuis l’apparition des difficultés. Nous pouvions aller au contentieux, dans les tribunaux. Mais nous ne l’avons pas fait. Nous avons choisi de nous séparer à l’amiable’’, a poursuivi le ministre de l’Economie. Ce dernier n’a toutefois pas évoqué une question cruciale : le montant (et la nature) de l’indemnisation que touchera Advens pour se séparer de Suneor.

Longue crise

Le groupe Advens, basé à Paris et fondé par Abas Jaber, avait repris en 2005 l’ex Société nationale de commercialisation des oléagineux (Sonacos), à l’issue d’une longue période de privatisation où les candidats sérieux ne s’étaient pas bousculés. Après plusieurs années de développement, notamment grâce à sa domination dans le segment des huiles importées, la Sonacos rebaptisée Suneor avait plongé, son chiffre d’affaires s’effondrant de 100 milliards de FCFA à 57 milliards de F CFA entre 2011 et 2012 en raison de la domination de l’huile de palme dans la sous-région mais aussi de la décision de l’Etat sénégalais de laisser des opérateurs chinois acheter directement les graines d’arachide.

Depuis deux ans, l’Etat et Advens négociaient une sortie de crise. La signature en février 2015 d’un protocole d’accord entre Advens et Avril en vue de la cession de l’activité trituration de Suneor au français avait mis le feu aux poudres, plusieurs membres du gouvernement (qui n’avait pas été informé au préalable des négociations avec Avril) se déclarant officiellement opposés à la séparation en deux de l’entreprise (trituration d’une côté, raffinage de l’autre) dans un secteur crucial pour l’emploi et l’économie. L’Etat, actionnaire minoritaire de Suneor, avait par la suite bloqué l’opération.

Nouveaux partenaires

Amadou Ba a confirmé hier que le gouvernement ‘’ne va pas reprendre Suneor pour revenir la diriger’’ et a annoncé de ’’nouvelles discussions avec l’ensemble des acteurs intéressés pour une nouvelle privatisation’’. Depuis quelques semaines, les rumeurs autour du nom de ce nouveau partenaire ont repris de plus belle. Le nom d’Olam a été cité dans la presse mais, d’après nos informations prises auprès de ce groupe de négoce basé à Singapour, aucun projet dans ce sens n’existerait. Il est de toute manière plus probable de voir l’Ivoirien Sifca (partenaire d’Olam qui en détient une part minoritaire du capital), leader de l’huile de palme, se positionner. Avril, déjà propriétaire du numéro deux de l’arachide au Sénégal (Copéol, une coentreprise avec Castel), ne devrait toutefois pas se laisser dépasser, notamment parce que le capacités de trituration de Copéol sont d’ores et déjà totalement saturées.

Il y a déjà plusieurs mois, des sources bien informées évoquaient même la possibilité d’un tandem Sifca-Avril pour la reprise de Suneor. Mais d’autres candidats pourraient désormais se manifester…

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