Société

La condamnation à mort d’un militant chiite avive les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran

La Cour suprême en Arabie saoudite a confirmé dimanche la peine de mort prononcée contre le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation anti-gouvernementale.

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Mis à jour le 26 octobre 2015 à 13:29

À Sanaa au Yémen, un manifestant arborant le portrait du dignitaire religieux chiite, Nimr Baqer al-Nimr en octobre 2014. © AFP

Il revient désormais au roi Salmane d’entériner ou de surseoir l’exécution du dignitaire Nimr Baqer al-Nimr et de six autres chiites, dont la condamnation à mort a été confirmée par la Cour d’appel, puis par la Cour suprême.

Cheikh Nimr al-Nimr, virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud, avait prêché pendant des manifestations en 2011 en faveur d’une sécession de l’est de l’Arabie et de sa fusion avec le royaume proche de Bahreïn, également agité à l’époque par un mouvement de contestation des chiites, majoritaires, contre la dynastie sunnite des Al-Khalifa. Il avait été condamné à mort il y a un an pour sédition, désobéissance au souverain et port d’armes par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme.

Selon un de ses frères, une exécution pourrait susciter des réactions que nous ne souhaitons pas, le cheikh Nimr ayant des partisans dans les milieux chiites du monde musulman.

Mise en garde de l’Iran

Il a dit attendre que le roi Salmane » fasse preuve de sagesse en stoppant ces exécutions ». « Parmi ces condamnés à mort, trois, dont mon fils Ali, étaient mineurs au moment de leur arrestation pour implication dans les protestations antigouvernementales qui avaient éclaté dans la Province orientale dans la foulée du Printemps arabe », a expliqué Mohamed al-Nimr.

Le cas d’Ali al-Nimr, en particulier, a suscité une vive indignation dans le monde et des voix se sont élevées pour demander aux autorités saoudiennes de surseoir à l’exécution du jeune chiite.

L’Iran, puissance chiite dont les relations sont tendues avec son principal rival régional, a mis en garde Ryad dimanche contre l’exécution du dignitaire chiite. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a ainsi affirmé que l’exécution du cheikh Nimr coûterait cher à l’Arabie saoudite.

Selon des propos diffusés par les médias iraniens, il a aussi appelé l’Arabie saoudite « à renoncer à son comportement aventuriste contre son propre peuple et d’autres dans la région », évoquant « une attitude tribale et offensive qui va à l’encontre des intérêts du pouvoir saoudien ».