Télécoms

Cameroun : la fraude par simbox peut coûter 18 milliards de F CFA aux opérateurs

Le simbox consiste à faire passer un appel international pour un appel local via l’internet. © Reuters

Ce phénomène de contournement du trafic international provoque également un manque à gagner à l’État. Et plus de 100 millions de minutes d’appels pourraient être détournées en 2015.

La fraude par simbox risque cette année de faire perdre 18 milliards de F CFA (27,44 millions d’euros)aux opérateurs camerounais de téléphonie (MTN, Orange, Nexttel et Camtel), contre 7,5 milliards de F CFA en 2014, selon Serge Esso, directeur général adjoint de la filiale locale de MTN, lors d’une conférence sur le phénomène, le 08 octobre.

Le simbox consiste à faire passer un appel international pour un appel local via l’internet. Le récepteur voit un numéro local s’afficher alors que l’appel vient de l’extérieur. Courante surtout en Afrique et en Asie, cette fraude provoque des pertes financières comprises entre 2,3 et 7 milliards de dollars au niveau mondial.

Migration vers le Cameroun

Près de 60 millions de minutes d’appels entrants ont été détournées en 2014 au Cameroun. L’on dépassera les 100 millions de minutes cette année selon les opérateurs. « Bien que la pratique existe depuis dix ans, nous observons une migration des fraudeurs vers le Cameroun du fait de leur traque dans d’autres pays », avance Serge Esso.

« Il y a une absence de volonté politique institutionnelle à se saisir de ce problème, surtout de la part des régulateurs des télécommunications (ART) et des technologies de l’information et de la communication (ANTIC). Au Ghana et au Nigeria, ils ont été à l’avant-garde de ce combat », déplore l’avocat Akere Tabeng Muna, président de la fondation Muna qui a pris la tête de la croisade contre le simbox.

Au-delà des enjeux sécuritaires – incapacité à identifier l’appelant, notamment dans le contexte de la guerre contre Boko Haram – et bien que six millions de cartes sim ont été détectées et suspendues par l’ensemble des opérateurs, ce phénomène a également un impact sur les finances publiques. Sur la base de la TVA et de la redevance au régulateur, le Cameroun a enregistré un manque à gagner de 1,8 milliards de F CFA en 2014, qui pourrait s’élever à 3,5 milliards de F CFA cette année. Cette estimation basse ne tient pas compte de l’impôt sur les sociétés.

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