Conso & Distribution

Africa Telecom People 2015 : le e-commerce au centre de toutes les attentions

L'e-commerce est en nette progression en Afrique.

L'e-commerce est en nette progression en Afrique. © ATP 2015/Twitter

Pour sa 11e édition, le salon Africa Telecom People, qui se déroule du 08 au 09 octobre à Abidjan met le e-commerce à l’honneur.

Ministres, chefs d’entreprises, spécialistes du web, étudiants… Ils sont nombreux à avoir fait le déplacement à Abidjan pour cette nouvelle édition du salon Africa Telecom People pour plancher pendant deux jours – à travers panels de discussion et ateliers de formation – sur une question : « L’année 2015, sera-t-elle celle du décollage du e-commerce en Afrique ? »

Le constat est simple : jamais les professionnels du commerce en ligne n’ont été aussi nombreux et actifs en Afrique. Africa Internet Group (AIG), lancée par l’entreprise allemande Rocket Internet (dans laquelle ont investi les opérateurs télécoms MTN et Millicom) et ses désormais célèbres sites marchands comme Jumia ou Kaymu qui dominent le marché dans plusieurs pays sur le continent, a d’ailleurs été plusieurs fois citée en exemple, pour son impact sur le quotidien de nombreux Africains mais aussi sur l’emploi. AIG emploie aujourd’hui quelques 3 500 salariés dans une vingtaine de pays africains.

Environnements favorables

« Le e-commerce explose partout dans le monde, car les consommateurs veulent tout et tout de suite. Le continent africain, qui est de son temps, n’est pas épargné, explique Bruno Koné, le ministre ivoirien de la Poste et des TIC, venu lancé le premier panel. Il nous faut donc saisir cette chance et créer progressivement, dans nos pays africains, des environnements favorables à l’éclosion de cette nouvelle économie numérique, créatrice d’emplois pour notre jeunesse.»

Optimiste, il ajoute que « les conditions d’un développement massif du e-commerce sont d’ailleurs déjà en place dans de nombreux pays». À l’instar de la Côte d’Ivoire, où « les trois quarts de la population ont moins de trente-cinq ans et sont de plus en plus formés.» D’autant plus que nombre d’entre eux sont déjà familiers des transactions sur mobile : 5 millions d’abonnés mobiles (sur 21 millions d’habitants) sont des utilisateurs des moyens de paiement sur portable, pour des transactions qui se chiffrent quotidiennement à 8 milliards de F CFA (environ 15 millions d’euros) dans la seule Côte d’Ivoire.

Freins

Tous les panélistes s’accordent cependant sur les nombreux défis qu’il reste aujourd’hui à relever sur le continent pour que le e-commerce « explose ».

Faible taux de bancarisation, réseau routier déficient, absence de système d’adresses précis et fiable dans de nombreuses villes qui empêchent les livraisons, insuffisance de recours en cas de litiges entre vendeurs et acheteurs, accès limité au réseau internet en dehors des grandes villes, cybercriminalité etc. Les freins ne manquent pas.

« Le premier obstacle c’est la méfiance envers les site de e-commerce en Afrique, a avancé Oswald Louéké, producteur exécutif du salon Africa Telecom People. Il y a un vrai problème de crédibilité, des sites africains par rapports aux grandes plateformes internationales comme Ebay ou Amazon.»

Un point de vue partagé par Pierre Dandjinou, vice-président Afrique de l’Internet corporation for assigned names and numbers (ICANN) – l’autorité de régulation du net –  pour qui les pays africains devraient s’atteler à rendre « leur internet » plus sûr, en luttant contre la cybercriminalité mais aussi, par exemple, en utilisant plus leur nom de domaine national plutôt qu’en s’engageant dans une « course au .com ». « Si les domaines internet des pays africains ne sont pas considérés comme sûrs et que certains continuent à être blacklistés, on ne va pas y arriver ! » dit-il.

Valeur

Pour Ibrahima Nour Eddine Diagne, président de l’Alliance africaine pour le commerce électronique, l’urgence est ailleurs : comment faire en sorte que la valeur créée par ces sites marchands restent en Afrique ? En l’absence de politique fiscale spécifique en la matière dans la plupart des pays africains, les transactions échappent le plus souvent aux taxes.

« Lorsque j’achète une prestation réalisée sur le sol ivoirien, comme la réservation d’une chambre d’hôtel, mais que cette réservation est effectuée sur un site étranger, il y a forcément une perte de valeur pour la Côte d’Ivoire. Il faut donc plus de site de e-commerce africains, plus fonctionnels et surtout mieux markétés, qui donneront confiance aux utilisateurs sur le continent », plaide l’expert sénégalais.

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