Politique

Centrafrique : ouverture d’une enquête après les violences de septembre

Plusieurs officiers de l’armée et un leader de la société civile sont suspectés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et incitation à la guerre civile, a annoncé mercredi soir le ministre de la Justice.

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Mis à jour le 8 octobre 2015 à 08:58

Une personne blessée, lors de violences provoquée par l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi, arrive sur une civière à l’hôpital de Bangui, le 26 septembre 2015 en Centrafrique. © AFP

La flambée de violences qui a embrasé Bangui fin septembre a fait 61 morts et 300 blessés, selon le dernier bilan du gouvernement. Ces violences avaient éclaté le 26 septembre après l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi musulman et s’étaient propagées dans plusieurs quartiers de la capitale avant que les forces internationales (Casques bleus et soldats français de Sangaris) ne parviennent à rétablir le calme.

Selon le ministre de la Justice Aristide Sokambi, « des officiers de l’armée, comme le capitaine Eugène Ngaïkosset, le lieutenant Olivier Koudémon alias Gbangouma, le nommé Mokom et autres, recherchés par la justice centrafricaine pour divers crimes commis dans notre pays, se sont impliqués ouvertement dans tous les différents mouvements pour attenter à l’ordre établi ». Ces officiers faisaient partie de la garde rapprochée de l’ex-président François Bozizé.

Dans une déclaration à la radio d’État, il a précisé que des responsables politiques se sont réunis pour réclamer une troisième transition afin de retarder le processus électoral prévu début octobre « et soutenir publiquement ces violences ».

« Désobéissance civile »

Il s’en est ensuite pris à un leader de la société civile qui, pendant les violences, a appelé à manifester contre le pouvoir de transition : « M. Gervais Lakosso (coordonnateur du groupe de travail de la société civile) et ses complices persistent dans la voie de la désobéissance civile. »

« Devant des comportements flagrants, qui sont constitutifs d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, de complot, d’incitation à la guerre civile, à la désobéissance civile, à la haine, et de complicité, le gouvernement a instruit les autorités judiciaires compétentes, aux fins d’ouvrir une enquête à l’effet de rechercher et d’arrêter les présumés auteurs et complices », a indiqué le ministre.

« À cet effet, je lance un appel à témoin à tous pour contribuer à l’identification des autres auteurs et complices qui ont volontairement endeuillé à nouveau notre pays. Appel est également lancé à tous les citoyens pour dénoncer sans délai aux autorités judiciaires les lieux de refuge de ces personnes », a poursuivi le ministre.