Politique

Gouvernance en Afrique : l’indice Mo Ibrahim met un bémol à l’afro-optimisme

Mo Ibrahim, le milliardaire anglo-soudanais

Mo Ibrahim, le milliardaire anglo-soudanais © Vincent Fournier/JA

La septième édition de l’indice Mo Ibrahim qui, depuis 2007, mesure les progrès de la gouvernance africaine, vient à point nommé pour mettre un bémol à l’afro-optimisme débridé du moment. Car, son fondateur, le milliardaire Mo Ibrahim n’hésite pas à dire à l’occasion de cette publication, lundi 5 octobre, que « les progrès sont en panne ».

La Fondation qu’il préside a décidé de faire depuis 2011 une moyenne des quatre critères politiques, économiques, juridiques et sociaux et des 93 indicateurs de l’Index. Cet élargissement a pour but d’inclure le dernier-né des États africains, le Soudan du Sud, et de dégager des tendances longues.

En apparence, le classement des 54 pays analysés demeure inchangé. On y trouve les mêmes premiers de la classe : Maurice, Cap Vert, Botswana, Afrique du Sud, Namibie, Seychelles, Ghana, Tunisie, Sénégal, Lesotho. À ceci près que ces deux derniers pays ont pris les places de la Zambie et du Bénin dans le top 10.

Les mauvais élèves sont toujours la Guinée Bissau, la Guinée Équatoriale, la Libye, la République démocratique du Congo (RDC), le Tchad, l’Érythrée, le Soudan, la République centrafricaine, le Sud Soudan et la Somalie qui ferme la marche.

La Côte d’Ivoire, championne en matière de progrès

Le champion en matière de progrès depuis quatre ans, c’est la Côte d’Ivoire qui se relève à toute allure de la guerre civile qui l’a meurtrie. La catastrophe, c’est le Sud-Soudan qui s’y enfonce.

« Il est remarquable que cinq des dix États de tête voient leurs performances reculer notamment en raison de l’environnement des affaires car leur solidité bancaire et leurs procédures douanières se dégradent, commente Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim. Le développement humain continue à progresser tiré par la santé ; toutefois, il y a un souci du côté de l’éducation qui s’améliore en qualité, mais qui débouche toujours difficilement sur un emploi ».

On ne s’étonnera pas que la catégorie « sécurité, légalité » régresse sous l’effet des troubles qui ravagent la Libye ou la Somalie. Compte tenu des priorités affichées par les organisations multilatérales, il est normal que les infrastructures du continent connaissent de nets progrès, sauf en matière de réseaux électriques.

Parmi les pays dont la gouvernance s’améliore, la Tunisie 

« Je sais que cela va surprendre, poursuit Nathalie Delapalme ; mais parmi les pays qui améliorent le plus leur gouvernance globale, on trouve la Tunisie, le Maroc, Madagascar, le Togo et le Zimbabwe ». À noter que le Maroc se hisse à la troisième place africaine  des économies dont le développement est le plus « soutenable » du continent.

La Fondation Mo Ibrahim publiera, en février 2016, un autre étalon permettant d’apprécier les avancées de l’Afrique et de donner le bon exemple : le prix du gouvernant qui a fait du bien à son peuple et qui a quitté ses fonctions dans le respect de la Constitution. Peut-être la sélection 2016 sera-t-elle « blanche » tant les dirigeants africains sont encore peu nombreux à satisfaire à ces critères… L’Afrique a encore du chemin à parcourir.

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