Politique

Le Soudan du Sud veut tripler son nombre d’États, fragilisant encore l’accord de paix

Salva Kiir s'est résolu à signer l'accord de paix, le 26 août, à Djouba. © JASON PATINKIN/AP/SIPA

Le président sud-soudanais Salva Kiir a décidé de multiplier par trois le nombre d’États dans le pays, a annoncé samedi son porte-parole, mettant en danger un des piliers de l'accord de paix signé fin août pour mettre fin à la guerre civile.

Le décret, diffusé sur la radio publique tard vendredi, fait passer le nombre d’États de 10 à 28, rendant obsolète le partage du pouvoir consenti dans l’accord de paix.

« Le gouvernement a ordonné la création de 28 États », a déclaré à l’AFP le porte-parole du président, Ateny Wek Ateny. « Il s’agit de donner plus de pouvoir au peuple en lui fournissant de meilleures prestations de service », a-t-il poursuivi.

Pour l’ex-chef des rebelles et ancien vice-président Riek Machar, le décret, « promulgué de manière unilatérale (…) est une violation claire du traité de paix« , qui « est basé sur 10 États ».

Indépendant depuis juillet 2011, le pays avait replongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile, marquée par des massacres et des atrocités, qui a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

Le 26 août, un accord de paix a été conclu par le président Salva Kiir et son adversaire Riek Machar mais les deux camps s’accusent mutuellement de l’avoir violé et les combats continuent dans certaines régions du pays.

Cet accord prévoit notamment un partage du pouvoir. Une « période transitoire » de 30 mois, durant laquelle Salva Kiir reste président, s’ouvre 90 jours après la signature.

Les postes exécutifs locaux, selon l’accord, sont partagés, dans les 10 États, entre gouvernement et rebelles. Dans le nord du pays, riche en hydrocarbures, ceux de gouverneurs des trois États d’Unité, du Haut-Nil et du Jonglei, principaux champs de bataille du conflit, ont été attribués aux rebelles.

La création de nouveaux États remet ainsi en cause ce partage du pouvoir et ralentit la mise en place de cet accord de paix.

Le décret présidentiel doit désormais être approuvé par le Parlement – presque entièrement acquis au président Kiir – avant d’être adopté. Pour Ateny Wek Ateny, ce processus devrait être achevé « d’ici un mois ».

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