Santé

Jean-Marc Leccia prend les rênes d’Eurapharma

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Âgé de 46 ans, ce Corse père de cinq enfants a fait ses armes au sein du laboratoire Baxter.

Âgé de 46 ans, ce Corse père de cinq enfants a fait ses armes au sein du laboratoire Baxter. © Leccia

Fin connaisseur de la distribution pharmaceutique sur le continent, le nouveau PDG d’Eurapharma, filiale du groupe CFAO, entend poursuivre le cap fixé par son prédécesseur, tout en préparant de nouvelles implantations.

C’est l’aboutissement d’un parcours consacré à la pharmacie, avec un sérieux tropisme africain pour celui qui reconnaît « un attachement au continent depuis qu’il a goûté à l’export en Afrique ». Avant d’accéder à la présidence de la filiale de CFAO, ce Corse de 46 ans a acquis une solide connaissance des nombreuses facettes de la distribution pharmaceutique.

Cliquez sur l'image.Jean-Marc Leccia a fait ses armes au sein du laboratoire américain Baxter, « avec l’Afrique comme zone de chasse, notamment le Maghreb ». Eurapharma, l’un de ses clients à l’époque, le débauche en 1991 pour superviser les activités de promotion. Une première étape avant de créer et de diriger E.P.Dis – l’interlocuteur des laboratoires au sein d’Eurapharma – en mai 2000.

Depuis 2005, Jean-Marc Leccia était aussi chargé de développer et de contrôler les activités de la société en Afrique anglophone et lusophone. Pas facile, le business model « n’ayant rien à voir » avec celui des pays francophones : les officines ne s’y approvisionnent pas auprès d’un grossiste unique et les prix n’y sont pas administrés. « Les quatre premières années ont été très difficiles », concède-t-il. Le temps de prospecter les laboratoires et de se faire une réputation. Mais la pugnacité a payé et le pôle anglophone s’est élargi jusqu’à constituer un ensemble Kenya-Ouganda-Tanzanie, rejoint par le Ghana en 2008.

Mêmes débuts houleux côté lusophone – « en Angola aussi, l’apprentissage fut long et douloureux au plan financier et du fait d’un environnement des affaires compliqué ». Et pourtant… « Quand nous aurons atteint une masse critique, nous nous tournerons vers le Mozambique, vu son potentiel », affirme ce passionné, qui « connaît parfaitement son métier », selon une source interne.

Des expériences qui ont fait de Jean-Marc Leccia le candidat désigné pour succéder à Jean-Yves Mazon, le 1er juillet dernier. Mesuré et déterminé, ce père de cinq enfants s’inscrit dans le sillage de son prédécesseur. « Les axes de développement sont clairement définis » : renforcer la présence de l’entreprise via son enseigne Laborex dans les vingt pays où elle est implantée afin d’accroître le nombre d’officines livrées (3 000 pour la seule Afrique francophone).

Mais aussi consolider les orientations amorcées en 2011, dont la prise de participation de 49 % dans le laboratoire algérien Propharmal. « Avant de nous autoriser à exercer notre activité d’importateur en Algérie, les autorités nous ont demandé de nous lancer dans la production locale. Nous avons transformé une contrainte en opportunité », explique-t-il.

Beau fixe

Autre évolution stratégique : le lancement, fin 2011, d’Eurapharma Healthcare Services afin d’approvisionner les hôpitaux, ONG, cliniques et ministères. Cette entité « couvre un portefeuille de produits que nous véhiculions peu » : kits d’urgence, matériel médical, équipements hospitaliers et génériques. Une expérience susceptible d’être reproduite au Nigeria, où Eurapharma envisage de s’implanter.

Hormis quelques difficultés en Algérie, liées à l’environnement des affaires, la tendance en Afrique serait donc au beau fixe. L’an dernier, la société a affiché un chiffre d’affaires de 864,5 millions d’euros et ses ventes ont progressé de 8,7 % au premier trimestre 2012, du fait de leur regain en Côte d’Ivoire et malgré un ralentissement au Sénégal et au Mali. Preuve que le secteur est porteur, en dépit de la concurrence des filières illégales. Croissance annuelle soutenue, hausse du pouvoir d’achat, système de couverture maladie « embryonnaire mais encourageant », très faible niveau de dépenses de santé par individu : « dans cette conjoncture, il n’est pas déraisonnable d’annoncer que la croissance annuelle du marché du médicament sera de l’ordre de 8 à 10 % », indique celui qui n’hésite pas à prédire un « océan de croissance » sur le continent.

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