Sécurité

Burkina Faso : Diendéré exige des garanties pour sa sécurité

| Par - envoyé spécial à Ouagadougou
Gilbert Diendéré à l'aéroport de Ouagadougou, le 18 septembre 2015.

Gilbert Diendéré à l'aéroport de Ouagadougou, le 18 septembre 2015. © Theo Renaut/AP/SIPA

Après l’échec du coup d’État contre la transition burkinabè, le général Gilbert Diendéré s’est réfugié dans une enceinte diplomatique de Ouagadougou. Si l’ex-chef des putschistes accepte de répondre de ses actes devant la justice, il négocie âprement les conditions de sa reddition.

Retranché dans une enclave diplomatique – très certainement l’ambassade du Vatican – depuis près de deux jours, le général Gilbert Diendéré négocie actuellement les conditions de sa reddition. Selon une source jouant un rôle majeur dans les discussions en cours, l’ex-putschiste exige, via le canal diplomatique, des garanties de sécurité pour lui ainsi que pour sa famille.

Dans l’idéal, indique cette source, il souhaiterait pouvoir partir à l’étranger, « le temps que la tension retombe », quitte, a-t-il dit à ses interlocuteurs, à ce qu’il revienne plus tard répondre de ses actes devant la justice. Mais Diendéré sait que les Burkinabé ne l’accepteront pas. Des sources diplomatiques indiquent que ce n’est ainsi pas la voie privilégiée. L’ancien bras droit de Blaise Compaoré pourrait être placé en résidence surveillée pour échapper à la vindicte populaire tout en restant au pays.

Baisser les armes

À ses interlocuteurs, Diendéré fait valoir que si le bilan officiel de l’attaque du camp Naaba Koom (fief du Régiment de sécurité présidentielle, RSP), qui est de zéro mort, est confirmé, c’est en partie parce qu’il avait appelé ses hommes à baisser les armes quelques minutes avant l’assaut. Il répète ce qu’il disait ces derniers jours : à savoir qu’il n’était pas le meneur des éléments du RSP les plus récalcitrants, mais qu’il jouait le rôle de médiateur. « Les hommes me font confiance, c’est pour cela qu’ils font appel à moi », avait-il déclaré à Jeune Afrique le 28 septembre.

Le Vatican n’a pas confirmé la présence de Gilbert Diendéré dans son ambassade. Mais plusieurs sources diplomatiques l’affirment. L’accès à l’ambassade est interdit au public depuis deux jours, gardé par plusieurs blindés et pick-ups. Cette enclave diplomatique se trouve dans le quartier de Ouaga 2000, à quelques centaines de mètres seulement du palais présidentiel de Kosyam et du camp Naaba Koom. Tout près, également, de l’ambassade des États-Unis et du propre bureau de Diendéré.

Plusieurs sources affirment que Diendéré ne se trouve pas au même endroit que son épouse et ses enfants. Ils seraient eux aussi, selon un proche, « en lieu sûr » – certainement une autre enclave diplomatique. Ces mêmes sources indiquent qu’il aurait cherché refuge auprès d’autres ambassades occidentales mais qu’il aurait essuyé plusieurs refus avant de trouver un asile temporaire.

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