Société

Togo : un nouveau système pour lutter contre la fraude au permis de conduire

Attroupement devant les listes des candidats le 26 septembre  à Lomé.

Attroupement devant les listes des candidats le 26 septembre à Lomé. © Salomon Wilson pour J.A.

Le gouvernement togolais a introduit le 26 septembre un nouveau système pour examiner les candidats au permis de conduire. Tout est désormais informatisé de l’inscription à la proclamation des résultats.

Le Togo dit-il adieu aux fraudes dans l’obtention du permis de conduire ? Les autorités souhaitent en tout cas y parvenir avec l’entrée en vigueur le 26 septembre de nouvelles dispositions encadrant l’organisation de l’examen conduisant à l’obtention du précieux document. L’inscription et une partie de l’examen seront désormais informatisés. Un processus géré à partir d’un logiciel (CERTIF) conçu à cet effet.

La réforme répond aux normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et veut mettre fin aux irrégularités. « Il ne revient plus à un examinateur de décider du sort des candidats », explique Agbokpè Kokou, directeur des transports routiers et ferroviaires. Jusqu’alors, en l’échange de 30 ou 40 000 Francs CFA, un candidat pouvait s’assurer de l’obtention de ce sésame.

Examen sur table

Désormais, le candidat est tenu, dans la phase théorique de l’examen, de répondre dans l’une des six langues autorisées (français, ewé, mina, kabyè, kotokoli, moba) à vingt questions proposées par la plateforme CERTIF. Cette épreuve porte sur la sécurité routière, le code de la route et le secourisme. Lors de la phase pratique, celle de la conduite, le véhicule est muni d’une camera pour enregistrer la progression du candidat dont l’aptitude continue d’être évalué par un examinateur. La vidéo sert donc de témoin pour éviter que l’une ou l’autre des parties ne soit tentée de tricher.

Pour mettre en place cette nouvelle politique, les autorités togolaises ont recensé puis sensibilisé les auto-écoles sur toute l’étendue du territoire.

Une réforme perfectible

Cette mesure du gouvernement togolais qui veut sécuriser les transports routiers en proie à la recrudescence des accidents de circulation, fait réagir certains acteurs. Les moniteurs d’auto-écoles qui s’estiment être « les premiers instructeurs des candidats au permis de conduire », réclament que leur profession soit réformée. « Le gouvernement semble minimiser la formation des moniteurs. Aucune séance de renforcement de compétences n’est envisagée. C’est inquiétant », indique l’un d’eux qui exerce le métier depuis une dizaine d’années.

Il faut dire que pour certains Togolais, la mise en vigueur de ce nouveau système aurait dû attendre l’année prochaine, après une intense phase de sensibilisation. Les premiers candidats soumis à ce nouvel examen les 26 et 27 septembre ayant soulevé « sa mauvaise organisation », allant du manque de feuilles d’examen à l’omission de certains candidats au moment de l’affichage des résultats. Ce qui a valu au gouvernement d’être accusé de sauter les étapes. « Il y a malheureusement des imperfections », reconnaît Ninsao Gnofam, ministre des Transports. « On y travaille, c’est une réforme », ajoute t-il. Reconnaissant ainsi qu’au-delà de l’informatisation, d’autres mesures concrètes sont nécessaires.

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