Économie

Fitch dégrade la note de l’Angola, mais maintient celle du Nigeria

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Mis à jour le 23 octobre 2015 à 11:55

La note du Nigeria passe à « B+. » © Henry Ray Abrams/AP/SIPA

Fitch a abaissé la notation à long terme de l’Angola à « B+ », en raison de l’impact du recul du cours du pétrole sur l’économie. L’agence américaine a maintenu la note du Nigeria à « BB-« , avec des perspectives « négatives ».

Après en avoir abaissé les perspectives, de « stables » à « négatives », en août dernier, l’agence de notation Fitch Ratings vient de dégrader la note souveraine de l’Angola de « BB- » à « B+ », avec des perspectives stables. Dans son rapport publié le 25 septembre, l’agence justifie sa décision par les effets de la dépendance de l’Angola au secteur pétrolier.

Malgré une accélération de la production angolaise de pétrole à 1,83 million de barils par jour depuis le début de l’année, contre 1,7 million en 2014, la chute des cours de l’or noir est trop forte pour atteindre les objectifs des autorités qui tablent sur une croissance de 4,4 % en 2015 – contre une hausse de 6,6 % prévue initiale. Fitch estime pour sa part que la croissance du pays ne devrait être que de 3 % seulement en 2015 contre 4,4 % en 2014 et 6,8 % en 2013, en raison du net recul des recettes publiques (dépendantes à 80 % du pétrole), de l’incertitude pesant sur les cours du pétrole et d’une liquidité insuffisante en dollars américains.

Dépendance à la Chine

La dette publique est attendue à 40 % du PIB en 2015, contre 23,1 % en 2013, selon Fitch. Cette hausse s’explique par la baisse du PIB angolais et par les emprunts effectués par le gouvernement qui ont atteint environ 15 milliards de dollars au cours des deux dernières années.

Le balance commerciale sera dans le rouge pour la première fois depuis 2009, car les exportations de pétrole sont soumises à la baisse de la demande chinoise, alors que l’empire du Milieu absorbe 50 % des ventes d’or noir de l’Angola. Dans ces conditions Fitch estime le déficit des comptes courants de l’Angola à -7,7 % du PIB en 2015.

Perspectives stables

Fitch remarque tout de même que les autorités ont pris des mesures proactives pour limiter l’érosion des recettes fiscales. Cela inclut des prévisions très conservatrices sur les prix du pétrole (40 dollars le baril inscrit dans le budget), des coupes dans les dépenses et la libéralisation des prix de l’essence.

Par ailleurs, la dévaluation de 25 % du kwanza face au dollar depuis le début de l’année a permis de limiter la fonte des réserves de changes, qui s’élevaient à 24,5 milliards de dollars en juin, contre 28 milliards au troisième trimestre 2014.

Autant d’éléments positifs qui ont convaincu l’agence à fixer les perspectives de la note de l’Angola à « stables ».

Perspectives stables au Nigeria

Dans un autre rapport publié le 25 septembre, Fitch a confirmé la note de long terme du Nigeria, première économie africaine et premier producteur de pétrole du continent, à « BB-« . Ses perspectives passées de « stables » à « négatives » fin mars dernier sont toutefois maintenues à ce niveau.

Fitch note qu’au premier semestre la croissance du PIB du Nigeria s’est établie à 3,1 % contre une moyenne de 5,6 % au cours des cinq dernières années. Si le cours du pétrole (60 % des revenus de l’État) a bien évidemment affecté l’économie nigériane durant la première moitié de l’année, l’agence pointe également l’incertitude liée aux élections de mai dernier.

Fitch estime cependant que la croissance de l’économie nigériane atteindra en moyenne 5 % en 2016 et en 2017, notamment grâce au dynamisme du secteur privé.

Inflation à deux chiffres

Le déficit budgétaire devrait s’améliorer à -3,1 % cette année. Ce niveau aurait pu être plus élevé, mais la dévaluation monétaire de février dernier et l’accentuation des efforts de collecte fiscale ont permis de limiter l’envolée du déficit.

Si cette dévaluation du naira a maintenu les réserves de change au dessus des 4 mois d’importation (à 31 milliards de dollars), elle a des conséquences sévères sur le taux d’inflation, qui a atteint 9,3 % en août. L’augmentation des prix est même attendue au delà des 10 % d’ici à la fin de l’année.

Par ailleurs, Fitch affirme craindre que le Nigeria n’enregistre un déficit des comptes courants cette année – son premier depuis 1998 – ce qui devrait compliquer la reconstitution des réserves de changes.

Enfin, les incertitudes autour des futurs orientations économiques du gouvernement et des effets de la politique monétaire sur la stabilité macroéconomique poussent les analystes de Fitch à maintenir les perspectives de la note du Nigeria à « négatives ».