Politique

Centrafrique : une trentaine de morts dans des violences inter-communautaires à Bangui

Patrouilles françaises au nord de Bangui, 2014. © Jerome Delay/AP/SIPA

Pour endiguer les violences meurtrières qui ont tué une trentaine de personnes à Bangui samedi, le gouvernement centrafricain de transition a décrété dimanche un couvre-feu de 17h (GMT) à 6h dans la capitale. En vain : des pillages et des tirs nocturnes ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi.

La tension n’était toujours pas retombée lundi 28 septembre au matin à Bangui, après la flambée de violences meurtrières qui a fait depuis samedi une trentaine de morts et une centaine de blessés. Le point de départ de cette nouvelle crise est l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi dans le quartier du PK-5, quartier majoritairement musulman qui fut l’épicentre des massacres inter-communautaires  dans la capitale centrafricaine de fin 2013 à début 2014.

Des scènes de pillages ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à Bangui, où des tirs ont également été entendus. La veille, des barricades ont été érigées dans plusieurs quartiers de la ville. Si la plupart ont été démantelées par les forces de sécurité centrafricaines dimanche, elles ont été réinstallées dans plusieurs quartiers dans la nuit, malgré le couvre-feu en vigueur.  « À compter de ce jour, le couvre-feu est instauré de 18 heures à six heures dans la capitale », avait pourtant déclaré à la radio nationale le Premier ministre, Mahamat Kamoun, ajoutant que cette mesure devait être « strictement respectée ».

Catherine Samba-Panza devrait s’exprimer depuis New York

Selon des habitants, le conducteur de moto-taxi assassiné a été égorgée samedi matin, pour une raison encore inconnue. Les violences meurtrières qui s’en sont suivies ont été accompagnées de pillages. Dimanche matin, un médecin militaire s’exprimant sous couvert d’anonymat avait fait état de plus de 20 tués et d’une centaine de blessés, précisant qu’il s’agissait d’un « bilan provisoire » susceptible de s’alourdir. De fait, lundi matin, d’autres sources hospitalières ont signalé à France 24 un bilan encore provisoire de 36 morts.

Déployées dans le pays – mais surtout dans la capitale – pour tenter d’y maintenir un calme précaire, les troupes françaises de l’opération Sangaris et la force de l’ONU (Minusca) se faisaient discrètes ces dernières semaines. Mais les manifestants réclamaient toujours leur départ dimanche, ainsi que celui de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza. Cette dernière, actuellement à New York au siège des Nations unies pour leur 70e Assemblée générale, pourrait s’exprimer dans la journée.

En l’absence de la présidente, le Premier ministre Mahamat Kamoun a donc tenté de calmer le jeu, appelant « la jeunesse à lever toutes les barricades afin de permettre à la population de circuler et de vaquer librement à ses occupations ». Malgré cet appel, la tension était toujours plus que palpable lundi matin.

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