Religion

Bousculade mortelle à La Mecque : incertitudes et inquiétude en Afrique

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Des pèlerins marchent à l'endroit de la bousculade meurtrière, qui a tué plus de 710 personnes le 24 septembre.

Des pèlerins marchent à l'endroit de la bousculade meurtrière, qui a tué plus de 710 personnes le 24 septembre. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Le mouvement de foule meurtrier a provoqué la mort jeudi de 717 personnes, faisant également plus de 850 blessés. Parmi ces victimes, des pèlerins africains dont on ignore encore le nombre exact.

Au lendemain de la bousculade meurtrière qui a coûté la vie à plus de 710 personnes, l’inquiétude est grande au sein des États ayant des ressortissants participant traditionnellement au hajj. Alors que l’identification des corps se poursuit à La Mecque, peu d’informations ont encore filtré sur la nationalité des victimes. Mais il est désormais certain que des pèlerins africains sont morts jeudi dans le premier lieu saint de l’islam.

Cette année, les pèlerins africains se sont en effet rendus en nombre à La Mecque pour le hajj, comme l’illustre cette infographie :

Mohammed VI s’est entretenu avec le roi Salmane

Premier pays africain à déplorer des victimes, l’Algérie a fait état jeudi soir de trois morts parmi ses ressortissants. La mission algérienne, dont le ministre des Affaires religieuses sur place, travaille en collaboration avec les autorités sanitaires saoudiennes pour tenter d’identifier de potentielles nouvelles victimes algériennes.

Au Maroc, le roi Mohammed VI s’est entretenue par téléphone avec le Roi Salmane Ibn Abdelaziz Al Saoud jeudi pour lui présenter ses condoléances. Les autorités marocaines ont de leur côté annoncé qu’aucun de ses pèlerins n’avait trouvé la mort lors du mouvement de foule. Selon elles, quelques Marocains auraient légèrement été blessés, comme l’affirme Salaheddine Mezouar, le ministre des affaires étrangères sur Twitter :

Quant à la Tunisie, les autorités religieuses ont fait part de leur inquiétude et ont dépêché une cellule de crise pour effectuer sur place le suivi des ressortissants tunisiens présents à La Mecque. Béji Caïd Essebsi a également adressé un message de condoléances au roi d’Arabie saoudite. Fayçal Hafiane, vice-président de la délégation officielle, a déclaré jeudi qu’aucune information n’était pour l’instant disponible. Aucune victime tunisienne n’a donc pour l’heure été déclarée.

Des victimes au Niger et au Sénégal, angoisse au Mali

L’inquiétude prévaut également au Niger, où des milliers de pèlerins se sont également rendus à La Mecque. Joint par Jeune Afrique, le ministre des Affaires religieuses, Massaoudou Hassoumi, confirme des victimes nigériennes, possiblement « des dizaines ».

Selon une nigérienne présente à La Mecque jointe par RFI, beaucoup de victimes seraient de nationalité nigérienne, « mais pour le moment on ne peut pas dire combien de Nigériens sont morts ».

Au Sénégal, le général El Hadj Amadou Tidiane Dia, commissaire général au pèlerinage, a pour sa part évoqué cinq victimes, relaye l’Agence de presse sénégalaise. « Nous vous tiendrons informés de leur évolution, mais nous prions tous que cela s’arrête à ces cinq morts » a-t-il poursuivi auprès de l’APS.

Même silence et inquiétude du côté des autorités maliennes, qui avaient déjà eu à déplorer la mort de plusieurs de leurs ressortissants lors de l’effondrement de la grue, le 11 septembre, dont le célèbre prédicateur Karamoko Bêfo. Pour les médias malien comme Malijet, il ne fait cependant pas de doute que des Maliens figurent parmi les victimes. Selon un journaliste de France 24, le ministère malien des affaires religieuses a d’ailleurs affirmé à la chaîne qu’une dizaine de Maliens avaient été tués jeudi.

Incertitudes en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud

Le président sud-africain par intérim, Cyril Ramaphosa a également présenté ses condoléances aux familles des victimes, annonçant que l’Afrique du Sud attendait également des nouvelles de ses propres ressortissants.

Même attente en Côte d’Ivoire. Comme au Mali, les médias ivoiriens se montrent ce matin particulièrement inquiets, évoquant des morts, et pointant l’insécurité des fidèles musulmans à La Mecque.

Des pèlerins en provenance du Nigeria ou encore du Tchad participaient également jeudi au hajj. Un lieu saint de l’islam à nouveau endeuillé par un mouvement de foule meurtrier, le pire bilan enregistré depuis la gigantesque bousculade de 1990, qui avait alors tué près de 1 500 pèlerins.

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