Mines

Côte d’Ivoire : la réforme des mines prend son temps

La mine d'or de Tongon, opérée par Randgold Resources, est l'une des seules actuellement actives en Côte d'Ivoire. En tout, la production d'or ivoirienne a atteint 15 tonnes sur les douze derniers mois. © AFP

L'impatience commence à gagner les professionnels des mines en Côte d'Ivoire. La réforme attendue du secteur a entraîné de lourds retards dans la délivrance et le renouvellement des permis d'exploration.

Mis à jour le 01/08/12 à 15h GMT. Depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, en avril 2011, l’effervescence minière peine à gagner la Côte d’Ivoire, notamment à cause du retard pris dans l’adoption d’un nouveau code minier. Preuve de la torpeur qui frappe le secteur, début juillet, sur plus de 60 demandes d’autorisation de recherche de la part des sociétés minières, Adama Toungara, le ministre des Mines, de l’Énergie et du Pétrole, a accepté seulement cinq demandes de renouvellement alors qu’aucun nouveau permis n’a été délivré. Seuls Jofema Mineral Ressources, qui a obtenu deux permis, Golden Star Exploration, Endeavour Mining et LGL (Newcrest) faisaient partie des heureux élus. Endeavour Mining a vu son permis d’exploitation pour la mine d’Agbaou définitivement signé par le président mercredi 1er août.

Pourtant, en mars dernier, le ministre des Mines avait proposé un premier projet de réforme. Mais cette ébauche n’aurait pas rencontré l’assentiment des techniciens de la cellule économique de la Présidence. En cause notamment, l’introduction d’un système de contrat de partage similaire à celui en place dans le secteur pétrolier. Le dispositif prévoyait que, après avoir recouvré les investissements liés à leurs opérations, chaque compagnie verserait une quote-part à l’État ivoirien : 50% pour toute production comprise entre 1 et 100 millions de dollars, 60% entre 100,1 millions et 300 millions, et 70% au-delà. « Ce système n’est pas attractif pour un pays en sortie de crise, confie un conseiller de la présidence. Nous sommes en train de faire une étude comparative avec les autres pays miniers. L’objectif du président est de le rendre plus incitatif », poursuit la même source.

Cette année, la Côte d’Ivoire a perdu plus de 25 millions de dollars destinés à la recherche et à l’exploration minière.

Les premiers permis délivrés en septembre ?

Afin d’avancer sur la réforme, la présidence a encouragé le Groupement professionnel des miniers de Côte d’Ivoire (GPMCI) à faire appel au cabinet d’avocats américain Shearman and Sterling pour mettre au point un avant-projet plus à son goût. Malgré tout, les professionnels du secteur ne cachent pas leur impatience : « Cette année, la Côte d’Ivoire a perdu plus de 25 millions de dollars destinés à la recherche et à l’exploration minière. Les compagnies qui avaient mobilisé des ressources pour démarrer leurs activités ont dû geler les fonds ce qui a aussi eu des conséquences sur les sociétés de services miniers », se lamente un patron. Mais tout espoir n’est pas perdu car le gouvernement prévoit de délivrer les premiers permis avant la nouvelle campagne d’exploration qui débute en septembre.

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