Politique

Kafando « libéré », manifestations et médiation en cours : le 18 septembre au Burkina minute par minute

La capitale du Burkina, Ouagadougou, jeudi 17 septembre 2015. © AFP

Le Conseil national de la démocratie, dirigé par le général Gilbert Diendéré, a annoncé vendredi matin que Michel Kafando et les ministres encore détenus par le Régiment de sécurité présidentiel avaient été libérés. Les événements au Burkina Faso minute par minute.

Au lendemain de la prise de pouvoir de Gilbert Diendéré, proclamé président du Conseil national de la démocratie (CND), au Burkina Faso, la situation reste tendue. Les partis politiques ont appelé la population à la désobéissance civile tandis que la société civile tente de mobiliser la rue burkinabè. Plusieurs manifestations ont été réprimées par le RSP, faisant au moins six morts et une soixantaine de blessés.

Dans la matinée du 18 septembre, le CND a annoncé, conformément aux propos Gilbert Diendéré la veille dans un entretien à Jeune Afrique, qu’il avait libéré Michel Kafando et les ministres encore détenus. Michel Kafando a toutefois été placé en résidence surveillée. Le Premier ministre Isaac Zida serait toujours détenu. La médiation de la Cedeao est en cours, sous la direction de Macky Sall et Boni Yayi.

Les événements minute par minute

19h10 : L’Union Africaine annonce la suspension du Burkina Faso à la suite du coup d’État.

18h39 : Monseigneur Paul Ouédraogo, Jean-Baptiste Ouédraogo et le général Zagré sont présents à l’hôtel Laïco pour rencontrer les présidents Macky Sall et Boni Yayi.

18h08 : La médiation a commencé au Burkina.

18h05 : La Suisse condamne le coup d’État militaire au Burkina. Elle a décidé de suspendre son aide directe allant aux autorités gouvernementales, qui s’élève à environ 11 millions de francs suisses par an.

17h55 : Vidéo de l’arrivée de Macky Sall, il y a quelques heures, à l’aéroport de Ouagadougou.

17h53 : Alors que leur libération a été annoncée par le CND, on est toujours sans nouvelles des ministres Bagoro et Loada. Selon Radio Omega, leurs proches n’ont reçu aucune information à leur sujet.

17h51 : Dans Ouagadougou, des blocus ont été mis en place afin de contrarier la main-mise du RSP sur la capitale. On en constate à Boulmiougou, Pissy, Gounghin ou encore à Tampouy.

17h48 : Sur Radio Omega à Bobo Dioulasso, Salif Diallo, premier vice-président du MPP, accuse le CDP, l’ancien parti de Blaise Compaoré, d’être derrière le putsch.

17h45 : Les partis politiques ont réitéré leurs exigences ce 18 septembre. « L’ensemble des partis membres du Cadre de Concertation des Partis politiques (CCPP) rejette totalement et s’oppose fermement à tout cadre ou organe issu de ce putsch militaire », explique un communiqué. « Les partis membres du CCPP mettent en garde toute personne ou organisation qui viendrait à collaborer avec les auteurs et les commanditaires de cette forfaiture », ajoute-t-il.

Et de conclure : « Le CCPP réclame l’arrêt  immédiat de la répression brutale et meurtrière en cours,  la libération immédiate et sans conditions de Michel KAFANDO, de Yacouba Isaac ZIDA, des membres du gouvernement, le respect de la liberté d’action des médias,  de l’intégrité physique des journalistes et des hommes politiques et l’arrêt immédiat des actes de vandalisme contre les organes de presse, le rétablissement des institutions de la transition pour la poursuite de leur mission, le maintien du calendrier électoral et la tenue des élections couplées à la date du 11 octobre 2015 ».

17h27 : Première réaction, prudente, du gouvernement ivoirien, sur Twitter. « La situation au Burkina est une situation interne, nous ne nous en mêlons pas », explique le gouvernement. « Le Président et le gouvernement suivent avec une attention particulière ce qui se passe au Burkina Faso parce que c’est un pays proche, parce que c’est un pays avec lequel nous avons une histoire particulière et parce que ce pays a des millions d’habitants ici », ajoute-t-il. « Des discussions sont en cours avec la Cedeao, le président Macky Sall s’y trouve et nous suivrons les recommandations », conclut-il.

17h17 : Toujours beaucoup de monde à Bobo Dioulasso.

17h13 : Forte mobilisation à Ouahigouya, au nord du Burkina Faso.

16h36 : Les deux médiateurs Macky Sall et Boni Yayi ont quitté l’aéroport et sont arrivés à Ouagadougou.

16h08 : Les présidents béninois et sénégalais et le président du CND ont regagné l’hôtel Laïco pour des concertations.

16h05 : Selon des journalistes à Ouagadougou, de nombreux quartiers ont vu la mise en place de barricades. En revanche, le centre-ville de la capitale serait relativement calme. À Bobo Dioulasso ou à Kongoussi, les manifestations continuent.

16h02 : Selon le consulat de France, la réouverture des frontières aériennes « a été vérifiée ». Elle est en revanche suspendue pendant le couvre-feu (de 19h à 6h).

15h55 : Des jeunes ont barricadé la route, au quartier Somgandé à Ouagadougou.

15h50 : Arrivé à 12H30 à Ouagadougou, le président Macky Sall a eu une discussion avec Gilbert Diendéré dans le salon d’honneur de l’aéroport de Ouagadougou.

15h45 : L’ambassadeur de France confirme la libération de Michel Kafando, qui va bien.

15h40 : Certains manifestants brandissent des pancartes qui resteront dans les mémoires.

15h33 : Le président béninois Boni Yayi vient d’arriver à l’aéroport de Ouagadougou, selon notre correspondant sur place.

14h40 : Macky Sall est arrivé à Ouagadougou. Il a été accueilli par le général Diendéré, Ibn Chambas et Kabré Désiré Ouédraogo.

14h21 : « Mon pays va mal » de Tiken Jah Fakoly résonne dans les rues de Bobo Dioulasso, où les manifestants sont nombreux.

14h16 : Le sort de Michel Kafando, officiellement libéré mais qui aurait été placé en résidence surveillée à son domicile, continue d’inquiéter. D’autant qu’aucune nouvelle réelle ne filtre au sujet d’Isaac Zida, son ancien compagnon de détention.

14h10 : Selon plusieurs sources, une concertation serait en cours en ce moment entre les chefs de corps des différentes garnisons de l’armée, à l’état-major. Depuis hier, plusieurs personnalités ont appelé l’armée à prendre ses responsabilités face au coup de force du RSP. Celle-ci n’a cependant pas encore officiellement pris parti.

14h07 : Bobo-Dioulasso semble réunir les manifestations les plus nombreuses. La situation est plus compliquée à Ouagadougou, où les rafales de tirs ont beaucoup résonné.

13h56 : La mobilisation continue contre le coup d’État. Sur Radio Résistance, Chérif Sy appelle les populations des régions à rallier Ouagadougou.

13h42 : Sur Internet et sur les ondes, la résistance au coup d’État continue de s’organiser. Une « Radio Résistance » a notamment été mise en place, tandis que des solgans et des hashtags défilent.

13h39 : Lors d’une rencontre avec les secrétaires généraux de certains ministères ce vendredi matin, Gilbert Diendéré leur a demandé d’assurer la permanence et le bon fonctionnement des services. Selon la presse locale, il a également confirmé la libération de Michel Kafando et la mise en résidence surveillée de Yacouba Isaac Zida.

13h30 : La réouverture des frontières terrestres et aériennes est annoncée pour vendredi à 12h00 GMT et locales (14h, heure de Paris).

13h23 : Une manifestation a eu lieu à Ouahigouya ce matin,  dans les rues de la cité de Naaba Kango, selon Radio Omega, qui explique que tous exigaient le démantèlement du RSP. À Bobo Dioulasso, c’est devant le camp Ouezzin Coulibaly que la population s’est rassemblée pour protester contre le coup d’État.

DR/Réseaux sociaux.

DR/Réseaux sociaux.

13h12 : Si le président Michel Kafando a bien été « libéré », il est en revanche en résidence surveillée à son domicile.

13h04 : Djirill Bassolé, candidat recalé à la présidentielle du 11 octobre au Burkina et ancien ministre des Affaires étrangères se dit « affligé par les récentes évolutions de la situation de sécurité au Burkina Faso ». « Nos ambitions communes de bâtir un Burkina paisible et prospère seront irrémédiablement compromises si l’usage des armes et de la violence vient à prendre le pas sur une véritable promotion de la démocratie et des libertés fondamentales », explique-t-il. « En tout état de cause, la hiérarchie militaire et en particulier le président du CND, doit très clairement expliciter leur intention et leur agenda de restaurer dans les meilleurs conditions un ordre républicain qui consacre le retour à une vie constitutionnelle et institutionnelle normale par la tenue d’élections libres crédibles et apaisées », ajoute-t-il encore.

13h01 : Selon les médias locaux, de nombreuses rafales de tirs sont entendues dans Ouagadougou. Des témoins affirment que des hommes en uniforme tirent en l’air pour disperser des rassemblements.

12h55 : Si aucun élément concret ne permet de faire un lien direct entre Blaise Compaoré et la prise de pouvoir de Gilbert Diendéré, les réseaux sociaux n’ont pas manqué de se saisir du sujet. Avec humour.

12h52 : Des manifestants auraient été dispersés boulevard Charles de Gaulle, à Ouagadougou. Pendant ce temps, à Bobo Dioulasso, les manifestants sont dans la rue. Le RSP ne semble pouvoir tenir que la capitale.

12h46 : Signe que la situation devient plus tendue à mesure que la journée avance, les autorités françaises au Burkina ont réinstauré le confinement.

12h43 : La résistance au coup d’État tente de s’organiser à Ouagadougou comme dans le reste du pays, notamment à Bobo Dioulasso. Des barricades ont été dressées et des pneus incendiés en de nombreux points, tandis que le RSP a dispersé des manifestations à plusieurs reprises. On signale notamment une descente au marché central de la capitale burkinabè.

12h37 : Adama Kanazoé, Zéphirin Diabré et Roch Marc Christian Kaboré ont été désignés pour rencontrer le groupe de contact international, composé d’Ibn Chambas et de Kadré Désiré Ouedraogo. « Le point fait des réactions de la communauté internationale, je puis vous confirmer que les putschistes sont plus qu’isolés. Ils n’ont donc aucun soutien ni national, ni international. Ce coup d’État ne saurait prospérer plus de 48h. L’arrivée du président Macky Sall ce jour devrait accélérer le départ pacifique de ces aventuriers, nostalgiques d’une époque révolue », écrit Adama Kanazoé sur Facebook.

12h13 : L’Algérie a condamné jeudi le « coup de force » commis au Burkina Faso. « L’Algérie condamne fermement le coup de force commis mercredi au Burkina Faso et appelle à la libération immédiate et sans conditions des responsables de la transition », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

12h10 : Si le couvre-feu a été globalement respecté à Ouagadougou, il n’en a pas été de même dans le reste du pays, notamment à Bobo-Dioulasso. Réunis à la place Tiefo Amoro, les représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile ont informé de la mise en place des groupes de résistance dans les différents secteurs et les principales entrées de la ville. Ils ont également réitéré l’appel à la mobilisation pour faire échec au coup d’État. « Nous vous demandons de rester mobilisés et déterminés jusqu’à ce que ce régime illégal puisse renoncer à sa décision de vouloir garder le pouvoir », a notamment lancé Moussa Zerbo, coordonnateur de l’Union pour le Progrès et le Changement.

12h05 : Le président sénégalais, Macky Sall, vient de décoller de Dakar, direction Ouagadougou.

11h54 : Selon des sources concordantes, le président de transition Michel Kafando a été libéré par les putschistes. En revanche, Isaac Zida serait toujours maintenu en résidence surveillée.

11h47 : Le studio du rappeur Smockey, leader du Balai citoyen, a été attaqué hier à la roquette.

11h41 : Le Balai citoyen appelle à la mobilisation à l’aéroport de Ouagadougou afin d’accueillir Macky Sall et « lui rappeler qu’on ne négocie pas avec les terroristes ».

11h32 : Des soldats du RSP auraient dispersé ce matin un rassemblement Place de la Nation à Ouagadougou. Des pneus ont par ailleurs été enflammés ce matin au pont de Walaghin, dans la capitale.

11h28 : Sy Cherif, président du Conseil national de la transition (CNT, dissous par le CND) qui s’est proclamé président par intérim en attendant la libération de Michel Kafando, a appelé les éléments du RSP à « déposer immédiatement les armes et à se mettre à la disposition de l’état-major général des armées pour redéploiement », dans un communiqué diffusé vendredi matin. « Ceux qui ne se soumettront pas à cet appel seront considérés comme déserteurs et rebelles et seront traités comme tels », ajoute-t-il.

11h26 : Le président sénégalais, Macky Sall, président en exercice de la Cedeao, et le président béninois Boni Yayi, médiateur de la crise, doivent arriver à Ouagadougou dans la journée afin de tenter une médiation. Hier, ils ont condamné le coup de force du RSP et le coup d’État qui a suivi, comme la Cedeao et l’Union africaine, dans un communiqué commun.

11h24 : Réuni hier, le Conseil de sécurité a fermement condamné le coup d’État, tout comme le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Les quinze membres du Conseil de sécurité ont menacé les putschistes de sanctions.

11h22 : Selon des observateurs, des manifestations sont déjà en cours à Ouagadougou. Des tirs d’armes automatiques ont été entendus, comme hier, jeudi 17 septembre. Une manifestation est également en cours à Niangoloko, près de la frontière avec la Côte d’Ivoire.

11h15 : Dans une déclaration lue à la télévision, le Conseil national pour la démocratie (CND) affirme avoir rencontré, jeudi 17 septembre, une délégation composée des Nations unies, de l’Union africaine, de la Cedeao, de l’Union européenne, des États-Unis et de la France. Le CND déclare, après cette rencontre, accepter le principe du dialogue et consentir à la libération de Michel Kafando, président de la Transition et de tous les ministres retenus en otage par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Aucune précision n’est cependant faite concernant le sort du Premier ministre Isaac Zida.

11h13 : Bienvenue sur ce direct.

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