Elections

Gabon : où en est la candidature de Jean Ping à la présidentielle ?

Jean Ping en campagne dans le Woleu-Ntem en août 2015. © Profil Facebook du candidat.

Candidat à l’investiture du Front uni de l’opposition pour la présidentielle 2016 au Gabon, Jean Ping est à pied d’œuvre depuis de nombreux mois. Où en-est-il ? Réponse en trois points.

Le Front uni de l’opposition est loin d’être prêt à annoncer son candidat pour la présidentielle 2016 au Gabon. Alors qu’il doit se réunir fin septembre pour tenter d’avancer vers un consensus, de nouvelles dissensions continuent de se faire jour.

Avec l’incertitude autour de l’avenir de Jean de Dieu Moukagni Iwangou, un temps pressenti pour rejoindre le nouveau gouvernement, la rivalité entre le président de l’Union nationale (UN), Zacharie Myboto, et le secrétaire général intérimaire Gérard Ella Nguema, les tribunes de Mike Jocktane et les velléités de chacun, l’opposition semble davantage se diriger vers l’implosion que vers la synergie.

Certains, pourtant, sont d’ores et déjà entrés, à divers degrés, en campagne. Parmi eux, Didjob Divungi di Ndinge, transfuge de la majorité présidentielle, et Casimir Oyé Mba, ancien candidat malheureux à la présidentielle 2011, avancent à pas feutrés. Jean Ping, lui,  ne dissimule plus ses ambitions et tente de prendre son monde de vitesse.

Où en est l’ancien président de la Commission de l’Union africaine ? Jeune Afrique fait le point.

Où fait-il campagne ?

Au-delà de Libreville, Jean Ping entame le 18 septembre sa quatrième tournée régionale. Alors qu’il a déjà parcouru la province du Woleu-Ntem entre le 18 et le 28 août, après avoir fait étape dans le Ngounié et l’Ogooué-Ivindo, il va sillonner la province du Nyanga, au Sud-Ouest, jusqu’au 22 septembre. Au programme : des rencontres avec la population, notamment dans la capitale régionale, Tchibanga.

Jean Ping est en campagne dans le Nyanga du 18 au 22 septembre

Pour le moment, Jean Ping n’a pas encore enclenché la période des grands meetings mais privilégie des « causeries », plus restreintes. Grâce à l’aide de nombreux élus locaux de l’opposition, le candidat a investi des bâtiments administratifs afin d’y livrer son discours, en compagnie de plusieurs membres de son staff qui ont également pris la parole, notamment Jean Eyeghe Ndong, l’un de ses principaux soutiens. Les séances étaient ensuite clôturées par une série de questions-réponses avec l’assemblée.

Selon les lieux et les régions, entre 50 et 300 personnes ont pu être rassemblées, dans les villes ou les villages, pour une vingtaine de causeries en moyenne par tournée. « Il y a des élus de l’opposition qui ne sont pas courageux », déplore toutefois Jean Eyeghe Ndong. Et qui préfèrent donc attendre la désignation officielle du candidat du Front uni de l’opposition, avant d’amorcer un quelconque soutien.

Quelle est son équipe de campagne ?

Actif sur Twitter et sur Facebook, Jean Ping a lancé son site internet de campagne le 18 juin 2015, www.jeanping2016.com, afin d’exprimer sa « vision du Gabon », de reprendre « ses interventions récentes », citer « ses déclarations à la presse » et publier « ses communiqués ». Cette plateforme est notamment gérée par une société de communication française, DDC Communication, fondée en 2007 et basée à Paris. Jean Ping a également passé un accord avec la télévision TV+ Gabon, chargée de rediffuser une partie de sa campagne.

Une cinquantaine de personnes l’aiderait à mettre en œuvre sa candidature

Toutefois, son équipe n’est pas encore complétement formée. Une cinquantaine de personnes l’entourerait la plupart du temps, le nombre variant selon les déplacements et les thèmes abordées. Jean Ping ne dispose notamment pas encore d’un directeur de campagne officiel, même si Jean Eyeghe Ndong remplit auprès de lui la fonction de conseiller politique officieux.

Officiellement toujours, Jean Ping distribue les missions en fonction des nécessités du moment et de la spécialité de ses collaborateurs. Dans le Woleu Ntem, un terrain ami où les causeries ont été nombreuses, ce sont notamment l’ancien secrétaire général adjoint au ministère de la Jeunesse et des Sports Hubert Daladier Minang et l’ancien ministre René Ndemezo’Obiang qui ont officié en tant que coordonnateur général et président du comité d’organisation.

Qui le soutient ?

Alors que l’opposition est loin d’avoir trouvé le consensus quant à la désignation du candidat unique (et hypothétique) à la présidentielle, l’heure est au lobbying. Et Jean Eyeghe Ndong n’est pas le seul soutien chargé de faire pencher la balance auprès des principaux ténors que sont notamment Jean de Dieu Moukagni Iwangou et Zacharie Myboto, potentiels adversaires de poids.

Des anciens ministres, des cadres de l’Union pour la liberté et le progrès, des journalistes ou encore un ancien député font également partie de « l’équipe Jean Ping », tandis que le secrétaire général intérimaire de l’UN, Gérard Ella Nguema, en conflit avec son président, Zacharie Myboto, s’est récemment affiché avec lui.

« À partir du moment où nous sommes candidats, il est tout à fait normal qu’on travaille sur le terrain », justifie Jean Eyeghe Ndong, alors que certains cadres de l’opposition n’ont pas apprécié outre mesure ce qu’ils estiment comme un « faux-départ » de Jean Ping. « Nous sommes toujours dans la logique de la désignation du candidat unique », ajoute l’ancien Premier ministre. Et de conclure : « Si Jean Ping est désigné, tant mieux pour nous ».

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte