Politique

Zimbabwe : Mugabe prononce deux fois le même discours devant le Parlement

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 16 septembre 2015 à 09h02
Robert Mugabe passe en revue ses troupes le 10 août à Harare.

Robert Mugabe passe en revue ses troupes le 10 août à Harare. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, 91 ans, a prononcé par erreur mardi devant le Parlement le même discours que celui donné le mois dernier. Les députés de l’opposition sont restés silencieux en raison, affirment-ils, de menaces reçues par SMS.

« Il y a eu un mélange dans les discours et le président a prononcé le mauvais discours » à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire, a déclaré George Charamba, le porte-parole du président zimbabwéen, au quotidien gouvernemental The Herald.

L’inamovible Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, a relu pendant 25 minutes l’intégralité du texte déjà prononcé devant les députés lors de son intervention sur l’état de la nation le mois dernier. Le chef de l’État, d’ores et déjà désigné candidat de son parti pour la présidentielle de 2018, ne s’est visiblement pas aperçu qu’il prononçait le mauvais discours.

Un SMS anonyme de mise en garde 

« La confusion s’est produite au niveau du secrétariat. Nous regrettons sincèrement cette erreur et des mesures disciplinaires sont envisagées », a poursuivi George Charamba. Les journalistes qui couvraient l’évènement avaient rapidement pointé les similitudes entre les deux discours. Mais les députés de l’opposition, qui avaient chahuté le président lors de son précédent discours le 25 août, sont cette fois restés silencieux, malgré la méprise.

Innocent Gonese, le leader parlementaire du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), principal parti d’opposition, a affirmé que sept de ses députés avaient reçu un SMS anonyme, les mettant en garde contre toute perturbation pendant le discours présidentiel.

Des menaces qui « sapent l’intégrité du Parlement »

« Le message qui commençait par le mot  »mort » vient d’un numéro masqué et avertit les députés concernés que leur immunité s’arrête aux portes du Parlement », a expliqué Innocent Gonese à des journalistes après le discours du président.

« Le message a aussi mis en garde les députés de faire très attention à ce qu’il faisaient au parlement, et les a prévenus qu’ils ne devaient pas perturber le discours présidentiel », a-t-il poursuivi. Le MDC s’est dit « inquiet » de ces menaces qui « sapent l’intégrité du Parlement », a-t-il ajouté.

 

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