Économie

Sénégal : Djamil Faye vise l’Olympe

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Mis à jour le 20 août 2012 à 14:16

Fort d’une carrière de vingt ans dans le monde des Jeux, le Sénégalais Djamil Faye a créé la griffe Jsports, avec laquelle il habille des délégations africaines.

Aux Jeux olympiques (JO), s’équiper n’est pas un problème pour les nations courtisées par les sponsors. Mais il en va bien souvent autrement pour les délégations africaines désargentées. « C’est pour nous aider à surmonter nos complexes face aux autres athlètes que j’ai lancé Jsports », explique Djamil Faye. Cet entrepreneur sénégalais de 48 ans, revenu s’installer à Dakar en 2005 après une longue carrière à l’étranger, a d’abord fondé Jappo, une société de conseil spécialisée dans les événements sportifs, avant de lancer sa marque de vêtements en 2007 (voir interview).

« Tous ensemble »

Treize nations équipées

Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée-Bissau, Madagascar, Mali, Rwanda

Djamil Faye a cumulé plus de vingt ans d’expérience dans le circuit olympique. S’il s’est un temps destiné à devenir professeur d’économie, l’attrait du sport a finalement été le plus fort. Après un MBA en management du sport à l’université de Southern Cross, en Australie, ce passionné de football a mené une carrière en tant que conseiller pour divers comités d’organisation de JO. Il a été notamment directeur Afrique pour les JO de Sydney puis d’Athènes. Pékin, New York et Sotchi (la ville russe qui organisera les JO d’hiver en 2014) ont aussi fait appel à ses services pour appuyer leur candidature. Jappo (prononcer « Diappo », c’est-à-dire « tous ensemble » en wolof) lui a permis en 2011 de réaliser un rêve de longue date : racheter le club de foot de Guédiawaye, le quartier de Dakar où il a grandi. Et c’est grâce à cette équipe qu’il a pu tester les produits de Jsports en conditions réelles, avant de les proposer aux comités nationaux africains. Finalement, treize équipes se sont laissé convaincre par le concept de Jsports, hormis quelques athlètes déjà sponsorisés.

Pour l’instant, seuls le design et la conception sont assurés au Sénégal ; la production a lieu en Chine. Djamil Faye se plaint des multiples obstacles à la mise en place d’une chaîne de production locale qui lui permettrait de proposer des produits grand public made in Senegal à un prix attractif. « Produire au Sénégal nécessitera des investissements importants, prévient-il. Nous avons réussi à autofinancer notre développement jusqu’ici, mais nous aurons besoin d’un partenaire financier. Quoi qu’il arrive, cela ne se produira pas avant 2013. » 

 

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