Politique

Nigeria : à Accra, Buhari assure que « l’armée gagne du terrain » contre Boko Haram

Lors d’une visite au Ghana, mardi, le président Muhammadu Buhari a estimé que « l’armée gagne du terrain » contre la rébellion islamiste de Boko Haram. Mais les critiques se multiplient à l’encontre du président nigérian.

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Mis à jour le 8 septembre 2015 à 14:43

Le président nigérian Muhammadu Buhari souhaite développer la production locale de produits agroalimentaires. © Mujahid Safodien, AFP

Après s’être donné, le 13 août,  trois mois pour en finir avec Boko Haram – vœu qui s’est avéré aussi pieu qu’irréaliste – Muhammadu Buhari ne pouvait pas vraiment dire autre chose. « Beaucoup de progrès ont été faits », a-t-il estimé devant à la presse, mardi 7 septembre, lors d’une visite au Ghana. « L’armée est vraiment en train de gagner du terrain », a-t-il poursuivi, expliquant que les insurgés étaient « pratiquement confinés » à la zone isolée de la forêt de Sambisa, dans l’État de Borno (nord-est).

Depuis son arrivée au pouvoir le 29 mai, l’ancien général a fait de la lutte contre Boko Haram sa priotité. Mais c’est sous sa présidence que le Nigeria a franchi le cap des 2 millions de déplacés au Nigeria depuis le début de l’insurrection terroriste, en 1999. « Beaucoup ont commencé à retourner chez eux », a cependant voulu relativiser le président.

Volontarisme contre attentisme

Et malgré les sympathies que lui procure son volontarisme face à Boko Haram, après des années d’attentisme sous ses prédécesseurs, Buhari est de plus en plus critiqué pour sa lenteur à agir : plus de trois mois après son arrivée, il n’a toujours pas nommé son gouvernement. Par ailleurs, une Force d’intervention conjointe multinationale de 8 700 hommes pour combattre Boko Haram, à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, a été décidée. Mais son déploiement, prévu fin juillet, n’a toujours pas eu lieu.

Entre temps, les attaques meurtrières se poursuivent, bien que l’armée ait revendiqué plusieurs succès ces dernières semaines. L’armée nigériane a notamment annoncé, fin août, l’arrestation d’un des principaux commandants du groupe islamiste et, début septembre, la reprise aux insurgés la ville de Gamboru, carrefour stratégique pour la région.

Son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, a félicité son homologue nigérian d’avoir été un élément moteur auprès des pays voisins pour lutter contre le groupe islamiste, malgré les relations souvent tendues entre Accra et Abuja.